monde

Quelle est la dynamique de la recherche nucléaire en France et dans le monde ? Quels sont les ressorts de son évolution ? Quid du projet de fusion nucléaire ITER ? Quelles sont aujourd’hui les possibles alternatives à la filière standard de fission nucléaire ? Pourquoi la France est-elle l’un des pays les plus nucléarisés au monde ? Peut-on sortir du nucléaire ? Comment et à quel prix ? Faut-il faire un référendum ? ...

Ni prêt-à-penser ni opposition stérile entre pro et anti-nucléaires, cet ouvrage a pour ambition de donner à tous des clés pour comprendre les enjeux du défi énergétique du XXIe siècle et pour accéder aux termes que sous-tendent les deux options extrêmes : « se passer du nucléaire » ou « le développer in extenso ». Et si aucune réponse définitive n’est donnée ici, il appartient à chacun, au fil de sa lecture, de se forger sa propre opinion pour participer au débat.

Edité par la jeune et dynamique maison d’édition La Ville Brûle, il s’agit d’un ouvrage (224 pages - 20,30 €) fondé sur un "quadrilogue". Ont été réunis par l’éditeur :

Michel Chatelier, conseiller scientifique au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour la fusion thermonucléaire, après avoir exercé son activité de physicien puis de dirigeant sur ce sujet.

Patrick Criqui, économiste, directeur de recherche au CNRS et directeur du laboratoire EDDEN (Économie du développement durable et del’énergie, CNRS-Université de Grenoble).

Daniel Heuer, directeur de recherche au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble (LPSC-CNRS/IN2P3), spécialiste du nucléaire de génération IV.

Sylvestre Huet, journaliste à Libération, spécialisé en sciences.

Les quatre auteurs n’ont pas écrit autant de textes mais ont engagé une discussion organisée sur l’énergie nucléaire et son futur. Ils se répondent les uns les autres, dans des échanges libres et francs où chacun apporte tout autant les réponses qu’il connaît que les questions qu’il se pose et pose aux trois autres auteurs. L’ouvrage n’a donc rien d’un manuel, de la présentation d’une thèse sur le sujet ou de la juxtaposition de quatre exposés séparés.

Un débat avec les auteurs se tiendra le 9 février à 18h30 au siège de la librairie Eyrolles (61 Semaine Boulevard Saint-Germain, 75005 Paris).

Références : Nucléaire : quel scénarios pour le futur ? - Editeur : La ville brûle (19 janvier 2012) - Collection 360 - 224 pages - ISBN : 978-2-36012-017-8 - Diffusion-distribution : Harmonia Mundi - Prix public : 20,30 €


source : CDURABLE.INFO

 

Avec l'élection présidentielle qui aura lieu dans quelques mois, les sujets opposant la majorité présidentielle et l'opposition ne manquent pas. Sur le plan culturel, l'UMP et le PS se sont récemment affrontés sur le devenir de l'Hadopi. Dernièrement, ce sont les hésitations et les circonvolutions du candidat François Hollande qui ont été moquées par le parti de Nicolas Sarkozy.

Il n'en fallait pas moins pour que le chef de l'État, qui a usé une partie de son capital politique dans l'instauration de la riposte graduée en France, monte au créneau. Lors de ses voeux au monde culturel, Nicolas Sarkozy s'est dit "proprement sidéré d'entendre certains dire que la loi Hadopi doit être abrogée", en référence aux propositions socialistes contenues dans le projet numérique.

Cherchant à rallier le monde culturel, Nicolas Sarkozy a évoqué le risque d'une période sans foi ni loi où la justice et les pouvoirs publics seraient désarmés face au téléchargement illégal. "Mais rassurez-vous on l'abroge d'abord et après, bien après, on verra, on prendra le temps de dégager une solution consensuelle. Bref, on nous demande de pratiquer un désarmement unilatéral à l'égard du piratage".

Nicolas Sarkozy oublie pourtant de dire que les textes du Code de la propriété intellectuelle continueront de s'appliquer, avant ou sans Hadopi. Et la sanction est particulièrement lourde. Le fait de partager de la musique, des films ou des jeux vidéo sur Internet est puni, comme toute contrefaçon d'une peine maximale de 3 ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende.

Difficile d'adhérer à l'idée que la justice ou les pouvoirs publics manquent d'outils pour frapper très fort les contrefacteurs. D'autant que certains délits a priori plus graves sont sanctionnés par la même durée de trois ans d'emprisonnement que celle risquée pour la mise à disposition d'oeuvres protégées par le droit d'auteur, tandis que d'autres ont des sanctions plus faibles.

Des éléments que Nicolas Sarkozy, pourtant avocat de profession, n'a évidemment pas évoqué dans son discours au monde de la culture. Non, à la place le président de la République s'est attardé sur le manque de courage de son concurrent, sans le désigner nommément. "Si j'ai compris, il faudrait renoncer pour la pire des raisons, c'est qu'il y a un risque de faire de la peine aux jeunes".

Et Nicolas Sarkozy de pousuivre que "c'est simplement la facilité, toujours la facilité, encore la facilité. Dire oui, puis oui, puis oui et encore oui, parce que pour dire non il faut un minimum de courage [...] L'absence de courage, c'est vous les créateurs qui allez la payer. Le copyright, les droits d'auteur, c'est une invention française et je n'ai aucune intention d'abandonner le combat" a-t-il terminé, cité par l'AFP.

À ceci près que le copyright n'a été nullement inventé par la France. C'est le Statute of Anne, en 1709, qui a permis de faire émerger le premier texte au monde de protection du copyright. C'est au Royaume-Uni que revient cette paternité.


NUMERAMA

 

 

Philippe Katerine y pensait-il lorsqu’il a écrit sa fameuse chanson “La banane” ? Les conditions de production des fruits exotiques, et plus particulièrement de la banane et de l’ananas, laissent à désirer… Un an après le lancement de la campagne Le Juste Fruit, l’association Equi’Sol lance une opération de sensibilisation dans la région Grenobloise.


Katerine – La Banane par Katerine

Le Juste Fruit

Fin 2010, quatre organisations non-gouvernementales européennes lançaient la campagne Le Juste Fruit pour attirer l’attention du consommateur sur les conditions de production et appeler les multinationales du fruit (Chiquita, Dole, Del Monte…), la grande distribution et les gouvernements au respect du droit du travail et de l’environnement.

L’intitulé de cette campagne ambitieuse met le doigt sur un système de production et de distribution qui pousse les prix toujours plus vers le bas, et cela en dépit du coût social et environnemental induit.

Produit d’appel dans les grandes surfaces, la banane est en même temps le fruit le plus exporté (16 millions de tonnes par an), le plus consommé au monde (près de 100 milliards par an) et l’un des moins chers.

Accepter de payer un kilo de bananes quelques dizaines de centimes de plus, c’est aider des coopératives de producteurs minoritaires à se maintenir face aux grandes plantations, favoriser le respect des droits syndicaux, et soutenir des projets communautaires. L’enjeu ? Que cela devienne un réflexe et un engagement pour les distributeurs autant que les consommateurs alors qu’à ce jour 5 % des bananes vendues en Europe sont issues du commerce équitable. Il est donc temps d’agir et de crier “FruitDom”, comme l’incitait cette vidéo de la campagne “Le Juste Fruit” :

 

Là où les choses bougent, c’est quand des collectivités locales se saisissent de la question, à l’image des communes de Grenoble, Pont de Claix, Eybens et Le Fontanil et de la communauté d’agglomération Grenoble Métropole. La Ville de Grenoble a d’ailleurs reçu le titre de Territoires du commerce équitable en 2009, parmi une trentaine d’autres en France.

Mobilisation de l’association Equisol à Grenoble

L’association Equi’Sol et Artisans du Monde ont décidé d’agir avec leurs bénévoles sur les marchés de la région grenobloise : facilement reconnaissables à leur uniforme jaune, ils animeront les stands aux marchés d’Eybens le mercredi 18 janvier, Sainte Claire le samedi 21 janvier et enfin Pont de Claix, Estacade et Le Fontanil le dimanche 22 janvier 2012.

Des animations sont au programme en partenariat avec Artisans du Monde. Pour les marchands partenaires de l’opération, c’est l’occasion de tester la vente de bananes issues du commerce équitable ; pour les consommateurs, de s’informer sur le sujet.

Cette opération bananes sur les marchés ne s’inscrit pas dans le cadre de la campagne nationale pour Le Juste Fruit mais plutôt dans un effort d’ensemble visant à sensibiliser sur la question de la consommation responsable. Comme le précise l’association Equi’Sol:

Les bananes vendues seront des Dole équitable, dont l’activité est principalement de la banane conventionnelle. Les bananes équitables représentent peut-être seulement 5 % de la production des plantations de cette multinationale, mais c’est un choix des grossistes du marché d’intérêt national de Grenoble pour raisons pratiques.”

Rendez-vous sur les marchés – promis, vous ne verrez plus votre Miam ô Fruits comme avant ! Et dans ces conditions, on vous laissera manger votre banane, tout nu, sur la plage, en paix… ;)

Muriel, auteure du blog The Greenwasher et Grenobloise depuis peu :)

++ En savoir plus ++

Equi’Sol Grenoble  09 72 23 40 57 // Espace Vaucanson, 82 rue Anatole France, 38100 Grenoble

 


source EcoloInfo

 

Dans les champs, on les voit, étendues dans l’herbe ou broutant paisiblement. Grosses bêtes placides que l’on croit connaître parce que ce sont des animaux d’élevage. Lions, gorilles, ours ont toute notre attention, mais a-t-on jamais vraiment regardé des vaches ? S’est ont demandé ce qu’elles faisaient de leurs journées ? Que font-elles quand un orage passe ? Lorsque le soleil revient ? A quoi pensent-elles lorsqu’elles se tiennent immobiles, semblant contempler le vide ? Mais, au fait, pensent-elles ? Au rythme de l’animal, au milieu d’un troupeau, "Bovines" raconte la vie des vaches, la vraie.

Prochainement : la Bande annonce

Un film sur les vaches, explications du réalisateur

Après une licence d’Histoire, Emmanuel Gras s’est orienté vers le cinéma en étudiant l’image à la célèbre école de l’ENS Louis Lumière. A la fin de ses études, il est parti en tant que coopérant cinéma au Centre Culturel Français de Beyrouth et commença à travailler comme chef opérateur sur des documentaires centrés sur le Proche-Orient. Revenu en France, il s’est alors concentré sur la réalisation de ses propres projets, documentaires et fictions, tout en continuant à travailler l’image sur les films des autres. Après de nombreux courts-métrages, il signe ainsi Bovines, son premier long-métrage documentaire.

Emmanuel Gras

"On me demande souvent comment j’ai pu avoir l’idée de faire un film sur les vaches admet Emmanuel Gras. De mon côté, avec un peu de mauvaise foi, je me demande plutôt pourquoi c’est si étonnant. On réalise des films sur tous les animaux sauvages possibles, mais ces bêtes avec lesquelles nous avons une relation particulièrement intime puisqu’on les mange, ne semblent pas dignes de notre intérêt. Comme si le bétail n’avait pas d’histoire, pas de vie avant de devenir des steaks ou des saucisses. Et c’est précisément cette absence de connaissance qui m’a attiré, l’envie de savoir à quoi pouvait bien ressembler une vie de vache, cet animal qui représente l’essence de l’animal d’élevage : un être plus puissant que l’homme mais qui se laisse docilement dominer par lui. J’ai eu alors envie de parler d’élevage, mais en me plaçant du côté des animaux".

Un film de Emmanuel Gras au cinéma le 22 février 2012

Le réalisateur poursuit : "Ensuite, en essayant de faire un film là-dessus, le défi est rapidement devenu vertigineux : pour nous humains, le quotidien des vaches se résume à peu de chose, brouter, dormir, ruminer. Pour réussir à le raconter, il fallait se poser des questions de cinéma. Il était évident dès le départ du projet qu’il n’y aurait pas de voix-off, de discours posé sur l’animal. Je voulais que l’on s’en approche par les sensations, des choses très basiques : sentir la matière de l’herbe qu’elles mangent, frissonner sous la pluie, profiter du soleil avec elles, rentrer ainsi dans une autre temporalité, celle de l’animal, s’intéresser à des détails qui n’attirent pas habituellement notre attention. Il fallait changer de regard. Non pas penser comme une vache, mais essayer de ressentir comme une vache, se mettre dans la peau de la bête et rendre l’univers sensible dans lequel elles vivent. Et le cinéma permet cela : par le son et l’image, nous donner à voir ce que l’on ne regarde pas, rendre la réalité du monde plus intense parce qu’on y est plus attentif".

"Les vaches sont, pour moi, des êtres étranges. Elles mènent leur vie avec une nonchalance fascinante. J’ai le sentiment qu’il y a comme un bonheur caché là-dedans, une manière d’être tranquille avec le monde que je trouve attirante. J’ai voulu retrouver dans ce regard émerveillé par le monde, quelque chose de très enfantin, très direct", conclut Emmanuel Gras.

Distribution

Réalisateur : Emmanuel Gras / Détails : France - 2011 - 1h04 - 1,85 - Dolby Stéréo / Visa : 129 115 / Distributeur : HAPPINESS distribution


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"Les marchés financiers ont, depuis la crise de la dette, renforcé leur autorité sur les Etats, mais aussi sur l’ensemble des agents économiques, entreprises et banques y compris", constate dans un préambule qui donne le ton à ce "Bilan", Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF). "Le paradoxe, ajoute-il, est que la domination des marchés est le signe de l’extinction du marché en tant qu’institution unique où se confrontent ordres d’achat et de vente de titres, et comme lieu de formation de leurs prix". Il préconise "la création d’un registre standardisée" toutes les entités et de toutes les transactions. Car, "pour être efficaces dans la détection des manquements, il faut absolument que nous allions vers un système de surveillance centralisé des ordres et des transactions et avoir le courage de faire peur aux acteurs du marché" pour les dissuader de s’installer dans des paradis fiscaux par exemple. Et d’asséner qu’"on ne peut pas accepter que les acteurs et les institutions qui composent les marchés financiers soient les seuls à rester à l’abri de la révision des comportements qu’impose la crise actuelle". Vaste programme auquel, en particulier, ne doivent pas échapper les Britanniques !

UNE PARTIE "PLANÈTE" INÉDITE

L’économie - déclinée à travers des chapitres consacrés à l’international (comme les mouvements de contestation, pas seulement dans les pays arabeo-musulmans), à la France (par exemple la situation de l’emploi catastrophique) et aux entreprises (le succès d’Airbus, les soucis de Carrefour ou le marché contrasté des matières premières) - est complétée par une partie « Planète » inédite d’une trentaine de pages supplémentaires par rapport à d’édition précédente du « Bilan » : lutte contre le réchauffement, question du nucléaire et des énergies renouvelables à travers le drame de Fukushima, démographie – alors que la Terre compte désormais plus de 7 milliards d’habitants – et ses conséquences, problèmes sanitaires (sida, choléra, bisphénol A, etc.), biodiversité menacée, en sont les principaux thèmes développés.

Printemps arabes, sommets du G8 et du G20, création du Soudan du Sud, mort de Steve Jobs, débuts de l’affaire des prothèses mammaires Poly Implant Prothèse, aventures de DSK en Amérique, séisme et tsunami au Japon, conférence sur les changements climatiques de Durban, acquisition de Yoplait par l’américain General Mills… ou mariage du prince William et de Kate Middleton : des chronologies, enfin, permettent de resituer, jours après jours, mois après mois, ce qui a fait l’actualité de la planète en 2011.

180 PAYS

La partie "Atlas" de ce hors-série du quotidien "Le Monde", enfin, passe en revue la situation économique et politique de 180 pays de la planète, classés par ordre alphabétique, par continent. Ainsi, de l’Afghanistan au Zimbabwe, les journalistes et les correspondants du "Monde" font le point sur l’actualité de l’année 2011 écoulée de ces Etats, à travers une centaine de pages. Pour chaque pays, il y a une carte et une fiche technique indiquant le nom du chef de l’Etat, de son premier ministre, la superficie, la population, etc. ainsi que le nom et le cours de sa monnaie. Des encadrés traitent plus particulièrement des paradis fiscaux, du Kosovo (pas encore reconnu par les Nations-unies) ou de la Palestine.

"Bilan du monde 2011", 220 pages, en vente en kiosques 9,95 euros (propose en exclusivité un lien pour accéder au contenu mis à jour de "France, portrait social", édité par l’Insee).

Le Bilan du monde (en kiosque le 17 janvier)


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Même si Michel Joli, le secrétaire général de la Fondation France-Libertés que présidait Danielle Mitterrand, récuse dans sa post-face le mot de "testament" pour qualifier ce livre dans lequel l’ex-première Dame de France s’est une dernière fois livrée, c’est bien d’un testament qu’il s’agit. Morte le 22 novembre dernier à Paris et sachant que sa fin approchait, Danielle Mitterrand avait accepté, en effet, une dernière conversation. Son questionneur est Gilles Vanderpooten [1], co-auteur avec Stéphane Hessel d’Engagez-vous, la suite du célébrissime opuscule Indignez-vous.

De la résistance, d’hier, d’aujourd’hui et de demain, aux crises politiques, écologiques et sociales, Danielle Mitterrand nous livre dans cet ouvrage un dernier cri d’alarme, une critique acérée du monde dans lequel nous vivons. Celle qui n’a jamais cessé de combattre l’injustice nous invite à suivre une autre voie pour vivre mieux et vivre ensemble.

Références : Ce que je n’accepte pas par Danielle Mitterrand - Editions de L’Aube - 110 pages - Prix public : 7,10 euros.

Une vie d’engagement

NDLR : article publié le 22 novembre 2011 à l’occasion du décès de Danielle Mitterrand.

L’épouse de l’ancien président de la République est décédée, à l’âge de 87 ans, dans la nuit du 22 novembre 2011. Elle avait été placée en coma artificiel à l’hôpital parisien Georges-Pompidou où elle avait été admise vendredi. Elle y avait déjà été hospitalisée, mais avait participé le 21 octobre à l’anniversaire des 25 ans de sa Fondation, France-Libertés, créé "pour favoriser l’accès à l’eau pour tous, redéfinir les véritables richesses et faire reconnaître et respecter le droit des peuples". Celle qui se reconnaissait dans les mots de Jean Paul Sartre "Il n’est pas juste de vouloir traiter les souffrances des hommes sans s’engager dans la lutte contre les causes même de ces souffrances" avait créé cette fondation pour toujours rester à l’écoute des peuples et de leurs droits et retransmettre leurs attentes.

Une femme engagée pour les droits de l’Homme

Née le 29 octobre 1924 à Verdun (Meuse), Danielle Mitterrand est la fille d’un directeur d’école - révoqué en 1940 par Vichy pour ne pas avoir dénoncé les élèves juifs de son collège - et d’une institutrice, tous deux militants de la SFIO. "J’avais 16 ans. J’ai dû sortir de l’insouciance et mesurer ma capacité de révolte devant l’injustice, celle que subissaient ces enfants, celle que subissait mon père", écrit-elle dans Le Monde en mai 1986. Elle rejoint le maquis à 17 ans comme infirmière bénévole et sera l’une des plus jeunes médaillées de la Résistance. C’est à Cluny (Saône-et-Loire), dans la maison familiale où s’est réfugié son père, qu’elle rencontre le capitaine "Morland", alias François Mitterrand, recherché par la Gestapo. Elle l’épouse le 27 octobre 1944. Entraînée malgré elle dans le tourbillon de la politique, elle accompagne son mari lors des nombreuses campagnes qu’il mène entre la guerre et 1981. Elle est là, présente, attentive, à toutes les étapes de l’ascension politique de François Mitterrand, en militante et en femme de gauche. Le 19 mai 1974, elle pleure de rage, quand la victoire tient à 0,62% des suffrages, qui sont allés à Valéry Giscard d’Estaing. Le 10 mai 1981, elle verse de discrètes larmes de joie quand son mari le bat à son tour, avec plus de 3,5 points d’écart.

Au lendemain de l’élection, elle promet qu’elle ne renoncera pas à son rôle de militante. Elle va tenir parole. A l’Elysée, elle refuse de se laisser enfermer dans le protocole et parvient à utiliser la tribune que lui offre sa place d’épouse du chef de l’Etat pour se consacrer à la défense des droits de l’Homme. En 1986, elle crée la fondation France-Libertés. Quels opprimés n’a-t-elle pas soutenus ? La femme du président deviendra le cauchemar des ambassades, la bête noire du Quai d’Orsay, un enfer pavé de bonnes intentions pour les conseillers du palais résume Béatrice Gurrey dans Le Monde. La cause des Kurdes fait figure d’obsession, au point de susciter cette plaisanterie affectueuse de Roger Hanin : "Vous lui demandez l’heure, elle vous répond cinq heures moins quatre Kurdes".

Ce qu’elle a longtemps reproché à François Mitterrand, c’est ne pas avoir été assez socialiste : "Je ne comprends pas, François, puisque tu as le pouvoir, pourquoi ton gouvernement ne prend-il pas telle ou telle décision..." Il répondait : "Je n’ai pas le pouvoir. La France, comme le reste du monde, est assujettie à une dictature financière qui gère tout, décide de tout." Peut importe, la femme du président aura l’art de se mettre à dos quelques dirigeants du monde : si les Chinois s’irritent de son amitié avec le Dalaï-Lama, Hassan II est son meilleur ennemi. Il lui fit payer très cher son absence dans les voyages officiels du chef de l’Etat au Maroc, son soutien déterminé au Front Polisario, ou aux prisonniers politiques. Non seulement il entrava ses déplacements, mais le souverain alaouite aura le front, en 1991, sur TF1, de qualifier la femme du président d’"épouse morganatique".

Dix ans avant le printemps arabe, elle fustige le pouvoir tunisien "dans son entreprise de dévastation de la société civile". Sa bataille des dernières années ? L’accès de toutes les populations à l’eau potable. En 2011, elle s’était également engagée contre l’exploration et l’exploitation des gaz de schistes.

Lauréate du prix Nord-Sud (1996), Danielle Mitterrand, qui s’est rendue à plusieurs forums sociaux mondiaux, a écrit deux best-sellers : En toutes libertés (1996) et Le livre de ma mémoire (2007).

Jusqu’au bout, Danielle Mitterrand aura eu toujours le même combat contre ce qu’elle appelle "le terrorisme économique mondial", celui des forces de l’argent. Le combat d’une vie... "La vie est quelque chose de formidable, l’esprit de résistance de Danielle doit nous habiter car rien n’a d’importance si nous ne profitons de chaque instant de notre vie" résume Emmanuel POILANE, Directeur de France Libertés. Il estime que, "malgré son départ, Danielle Mitterrand nous laisse un message d’espoir, qui montre la voie d’un monde plus juste aux générations qui inventeront le monde de demain".

"Nouveaux résistants à l’ordre néolibéral, bâtisseurs d’un monde où chacun trouve sa part de vie, de liberté et d’action, expérimentateurs de solutions alternatives aux problèmes du temps... Qu’ils se rassemblent, s’unissent, fusionnent partout dans le monde pour mettre un terme à la dictature économique et financière, suppôt des dictateurs politiques. Celles-ci semblent être, enfin, ébranlées par la colère des peuples. C’est heureux mais ce n’est qu’un début. Je souhaite de tout cœur que nos propositions en faveur des biens communs du vivant soient comprises de tous et participent à l’urgente et indispensable métamorphose de la société humaine vers une nouvelle civilisation". DANIELLE MITTERRAND

Pour en savoir plus sur les combats de Danielle Mitterrand, je vous invite à lire Mot à mot de Yorgos Archimandritis édité en 2010. Cet abécédaire éclaire le parcours de Danielle Mitterrand et dresse ainsi, avec sensibilité et clarté, le portrait d’une des plus grandes personnalités politiques et citoyennes de notre temps.

Danielle Mitterrand écrivait à propos de son engagement avec France Libertés :

"La vie a voulu que je parcoure un long chemin dans le temps. Le destin m’a donné l’occasion de fouler de nombreux tapis rouges et de rencontrer les grands de ce monde. Mais il m’a surtout permis de côtoyer des populations de tous les continents, d’entendre les témoignages d’hommes et de femmes oubliés du bonheur de vivre et accablés par la misère.

Les tapis rouges des voyages présidentiels ne m’ont pas égarée, pas plus que les lustres ne m’ont éblouie. J’ai vu s’effondrer des dictatures, d’autres se constituer avec la protection et parfois l’encouragement des puissants de ce monde. J’ai vu s’écrouler le communisme comme un château de cartes bousculé par les peuples qui ne supportaient plus le mépris de ses dirigeants.

Aujourd’hui j’observe un capitalisme qui se fissure et se détruit lui-même, victime de sa démesure totalitaire et de son mépris pour les valeurs humaines non marchandes. 25 ans après avoir créé France Libertés, les raisons d’être de la Fondation sont toujours valables... J’ai eu la chance de voir des situations changer, nous avons même gagné certains de nos combats. Mais une trop grande partie de l’humanité reste au bord du chemin, et subit de plein fouet les folies de notre système. Le changement climatique en est un exemple : une fois de plus ce sont les plus pauvres, les plus vulnérables qui seront les premiers à payer pour notre "mal-développement".

C’est pour cela que les actions que nous menons à la Fondation, pour favoriser l’accès à l’eau pour tous, pour redéfinir les "véritables richesses" et pour faire reconnaître et respecter le droit des peuples, me semblent toujours aussi nécessaires et essentielles.

France Libertés est essentiellement un maillon actif d’un réseau mondial qui aspire à organiser l’alternative à la mondialisation du commerce et de la finance pour une société qui donne toutes ses chances à la vie."

Réactions

La première secrétaire du parti socialiste, Martine Aubry, a salué "la femme d’action de réflexion et d’engagement", rendant hommage à "sa parole intransigeante". Le candidat a l’élection présidentielle François Hollande a salué "une grande dame, engagée très jeune dans la résistance, qui avait mis son courage et son immense énergie au service de la cause qui valait pour elle, celle des libertés".

Du côté des ONG, les réactions sont également nombreuses. A l’image de "Green Cross [qui] a pris acte avec une grande tristesse du décès de Madame Danielle Mitterrand. Plus que tout, nous retenons l’impact, la vision, la sincérité et la profonde humanité de son engagement. Toutes nos pensées vont en ce moment vers sa famille et ses proches, et tous ceux qu’elle a ému, convaincu et fait bouger. Nous avons perdu une militante passionnée et une défenseure infatigable des droits de l’homme la nuit dernière. Les chemins de Mikhaïl Gorbatchev, Président fondateur de Green Cross International, et de Danielle Mitterrand se sont croisés à maintes reprises et dans des contextes différents. L’ancien Président de l’URSS et l’épouse de François Mitterrand se rencontrèrent à de nombreuses reprises, dès les années 80, pour consolider leurs engagements pour un monde juste, pacifique, en harmonie avec l’environnement. Les engagements communs de Green Cross et de France Libertés en faveur de l’accès à l’eau et à l’assainissement universel ont mené les deux organisations à unir leurs forces dès leurs premières heures et en 2006, aux côtés de la Coalition Eau, pour que le Droit à l’eau soit enfin reconnu dans la législation française. Danielle Mitterrand est restée engagée jusqu’à son dernier souffle, via la Fondation France Libertés dont elle venait tout juste de présider le 25ème anniversaire. Son œuvre habite et anime toutes les campagnes et les projets. Son énergie déployée à rendre notre monde meilleur et notre planète plus saine nous rapproche de ses convictions et de ses engagements. Plus que jamais, il nous faut continuer à propager avec assiduité, enthousiasme et sérénité l’engagement collectif qu’elle a contribué à impulser pour assurer la protection et le respect des ressources naturelles, et prioritairement de l’eau".

 

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En 1932, l’écrivain Paul Nizan publiait Les chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en véritables gardiens de l’ordre établi.

Aujourd’hui, les chiens de garde sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, ouvertement devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE dénonce cette presse qui, se revendiquant indépendante, objective et pluraliste, se prétend contre-pouvoir démocratique. Avec force et précision, ce film réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat pointe avec audace la menace croissante d’une information produite par des grands groupes industriels du Cac40 et pervertie en marchandise.

Bande-annonce :

PRESSE

- "Un sacré coup de fouet" Télérama
- "Un documentaire qui fait du bien là où ça fait mal" Causette
- "Un sens pédagogique et une qualité du travail d’archives et de montage" *** Studio Cine Live
- "Un film percutant" La Nouvelle Vie Ouvrière
- "Un film polémique qui risque d’irriter le monde des médias" La tribune
- "Un spectacle jubilatoire qui donne froid dans le dos" *** Les Fiches du Cinéma
- "Une critique des médias tordante et parfaitement rythmée" Première
- "Un docu passionnant" Be
- "Un documentaire féroce et drôle" Le Journal du Dimanche

Où voir le film ? Le film est notamment diffusé dans le réseau UTOPIA à Toulouse, Avignon, Saint-Ouen... Retrouvez toutes les salles et les dates de diffusion du film en cliquant ici.

Diffusion : Contactez le distributeur Epicentre en cliquant ici.

Extraits

La construction de l’intérêt du public

Ce film documentaire est une adaptation du livre de Serge Halimi Les Nouveaux chiens de garde (publié par Liber-Raisons d’agir en 1997). Serge Halimi a d’ailleurs participé au scénario du film avec les deux réalisateurs Gilles Balbastre et Yannick Kergoat et avec l’aide de Pierre Rimbert et Renaud Lambert. Extrait de ce texte :

"L’intérêt que nous éprouvons pour un sujet nous vient-il aussi naturellement que le prétendent les fabricants de programmes et de sommaires ? N’est-il pas plutôt construit par la place qui précédemment lui a été accordée dans la hiérarchie de l’information ?

Lorsque la mort de Lady Diana fut annoncée ( Le Monde y consacra trois « unes », TF1 un journal exceptionnellement prolongé qui, pendant 1 heure 31 minutes, ne traita que de ce seul sujet ), comment quiconque aurait-il pu ne pas être « intéressé » ? Non pas que la nouvelle soit importante ( la défunte n’avait aucun pouvoir, hormis celui de doper les ventes de la presse people ), mais parce qu’à force d’entendre parler d’elle - de son mariage avec le prince Charles, de la naissance de chacun de ses enfants, de ses amants, des infidélités de son mari, de ses régimes alimentaires, de sa campagne contre les mines antipersonnel - la princesse était, qu’on le veuille ou non, entrée dans nos vies. On en avait appris davantage sur elle que sur bien des membres de notre entourage. Alors, forcément, sa mort nous « intéressa ». Peut-être se serait-on intéressé à d’autres sujets si les médias leur avaient consacré autant de temps et de moyens qu’à ce fait divers-là. Car comment peut-on se soucier de ce qui advient en Colombie, au Zimbabwe ou au Timor-Oriental quand on ignore l’existence de ces pays ?

Les libéraux insistent sans relâche sur le rôle économique de l’offre. Sitôt qu’il s’agit d’information et de culture, ils prétendent cependant tout expliquer par la demande..."

Entretien avec les réalisateurs

Après une carrière (courte) de journaliste dans l’audiovisuel, Gilles Balbastre réalise depuis une dizaine d’années des documentaires portant sur l’économie et le monde du travail, dont Le chômage a une histoire (2001), Moulinex, la mécanique du pire (2003), Fortune et infortunes des familles du nord (2008). Par ailleurs, il participe au collectif de critique des médias rassemblé autour des journaux PLPL et Plan B et collabore régulièrement au Monde Diplomatique. Co-auteur de Journaliste au quotidien sous la direction d’Alain Accardo en 1995.

Yannick Kergoat poursuit une carrière de monteur de longs métrages. Il collabore notamment avec Rachid Bouchareb (Indigènes 2006), Costa-Gavras (Eden à l’ouest 2008), Cédric Klapisch (Ni pour ni contre (bien au contraire) 2002), Dominique Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien, césar meilleur montage 2000), Mathieu Kassovitz (Assassins(s) 1997), Eric Zonca (La vie rêvée des anges 1998) ... Il exerce, par ailleurs, une activité militante sur la question de la critique des médias en tant que co-animateur de l’Association Acrimed.

L’entretien ci-dessous réalisé par l’équipe du distributeur auprès des deux réalisateurs est très longue à lire sur sur le web, mais il mérite d’être entièrement lu pour comprendre pleinement la vocation de ce film : réveiller les consciences de chaque citoyen. Bonne lecture.

Serge Halimi a publié Les Nouveaux chiens de garde en 1997, au sortir des grèves de décembre 1995. Le poids des « prescripteurs d’opinions » a-t-il évolué depuis ?

Yannick Kergoat : Pas suffisamment pour qu’on renonce à se battre sur ces questions. Ce qui a changé depuis 1995, c’est la crise de la presse, qui se traduit notamment par des réductions d’effectifs dans de nombreux journaux. Ce qui n’enlève rien à la nécessité de la critique, au contraire. Régulièrement, il faut réarmer le fusil et tirer un nouveau coup de semonce. Entre la première publication des Nouveaux chiens de garde, l’édition complétée de 2005 et le film qui sort aujourd’hui, un vaste travail critique a été mené par des associations comme Acrimed ou des journaux comme Le Plan B. Cette filiation du combat politique sur la question des médias ne s’est jamais interrompue. D’autant que le phénomène médiatique est profondément lié à la politique en général et aux modèles de société dans lesquels on baigne. On ne changera les médias qu’en changeant la société, mais, pour changer la société, il faut aussi se libérer de l’emprise des médias.

Gilles Balbastre : Parmi les journalistes et experts que nous avons ciblés il y a quinze ans, certains ont disparu, remplacés aussitôt par leurs équivalents plus jeunes, mais la plupart sévissent toujours. Les Giesbert, Durand, Ockrent, Attali ou Joffrin sont toujours là. Surtout, l’espace qu’ils occupent s’est élargi avec l’apparition des nouvelles chaînes de la TNT. Les crises - celle de 2008 et celle qui enfle aujourd’hui - n’ont pas abrégé leur mandat à vie. Les éditorialistes et les experts qui prônaient la dérégulation et martelaient la nécessité de la « réforme » ont contribué à entraîner le système dans le mur. Or, non seulement ils n’ont pas été éliminés pour faute grave, mais ils sont encore plus présents. Ils ont eu davantage encore de temps d’antenne pour commenter les crises d’un système dont ils ont tant fait la promotion.

La construction du film suit d’assez près le livre de Serge Halimi, mais avec son rythme propre. Comment êtes-vous passé du texte à l’image sans vous noyer dans la masse des archives ?

YK : Un film est très différent d’un livre. D’abord, on a fait le choix d’un film de combat, qui ne prétend pas chercher la nuance en toute chose. On ne ment pas au public, on ne lui dit pas qu’en 1 heure 44 le film va brosser tous les aspects de la question des médias. On a fait un film pour réveiller les consciences, pour fournir au spectateur une arme dont il pourra se saisir pour aller lui-même au combat, dans toutes les luttes qui l’occupent, car, à notre sens, la question des médias intéresse toutes les composantes des luttes sociales. La fabrication de ce film nous a pris beaucoup de temps, il a fallu deux ans et demi de travail entre l’écriture de la première version du scénario et le résultat final. Le montage à lui seul a nécessité neuf mois de travail.

GB : Le film est aussi le résultat d’un travail collectif, celui d’une mouvance née du conflit social de 1995 et irriguée par les travaux de Pierre Bourdieu et de Serge Halimi. En quinze ans, ce groupe informel - que l’on retrouve dans PLPL, Le Plan B, Acrimed, Le Monde Diplomatique, Fakir… - a réuni une banque de données extraordinairement vaste. Sans ce méticuleux travail d’archivage, notre film n’aurait pas été possible. Le montage des « débats » télévisés sur LCI entre Luc Ferry et Jacques Julliard, par exemple, nous a été fourni par deux professeurs de français et d’histoire-géo, qui ont scrupuleusement enregistré et démonté chaque séance de bavardages des deux « intellectuels ».

Comment trier dans une masse d’archives aussi imposante ?

GB : C’était l’une des difficultés majeures du film : soit on en conservait très peu, et l’on nous accusait de manipuler un fonds restreint d’images, soit on en mettait beaucoup, au risque d’ennuyer le spectateur.

YK : C’est la question du « registre de la preuve ». Dans l’écrit, on peut multiplier à l’infini les exemples, les citations, les notes de bas de pages, les annexes. Dans un film, en revanche, la démonstration doit s’accommoder d’une certaine économie pour ne pas alourdir le récit. Il faut trouver une forme qui permette à la fois de convaincre et d’amuser. Pour reprendre l’exemple de Julliard - Ferry, on disposait au départ de douze « débats » différents. De cette masse indigeste ne reste finalement qu’une séquence de 80 secondes, qui fonctionne autant comme un gag que comme une pièce à conviction.

« Les journalistes, les politiques, les industriels font partie de la même famille », affirme le journaliste Michel Naudy dans le film. De votre côté, vous faites jouer à plein vos propres réseaux. Pour lutter contre un bloc, vous en constituez un autre…

GB : La grande différence, c’est que nous sommes une famille intellectuelle alors qu’ils sont une famille de classes, d’intérêts de classes, de protection d’un groupe social au détriment d’une majorité d’autres. Et les moyens qu’ils possèdent sont sans commune mesure avec les nôtres : c’est le pot de terre contre un missile atomique...

YK : La critique des médias s’inscrit dans un courant de pensée qui n’est pas non plus homogène, on ne pense pas tous de la même manière, on ne fait pas tous les mêmes propositions ni les mêmes diagnostics. C’est quelque chose de vivant, d’animé. Les spectateurs sensibilisés à la question des médias forment le public naturel de notre film, il fallait donc éviter de leur répéter toutes les choses qu’ils savaient déjà ou ne savaient que trop. Mais, parallèlement, il fallait aussi reprendre et élargir un certain nombre de questions-clés. Cet équilibre-là est toujours difficile à trouver.

Mais comment le « pot de terre » a-t-il pu parvenir à ses fins ?

GB : Ce film est la rencontre du « pot de terre » avec un producteur, Jacques Kirsner, révolté par l’état de délabrement de la presse actuelle. « Je considère que les médias sont un danger pour la démocratie » nous a-t-il dit quand il nous a reçus la première fois. Et c’est lui qui a soutenu ce film, aussi bien financièrement, qu’idéologiquement et moralement. Et sans l’aide de personne. Ni des télévisions - bien évidemment -, ni des commissions sélectives de soutien au cinéma. Tous ont détourné « pudiquement et courageusement » les yeux de ce projet. C’est cette rencontre qui a permis « au pot de terre » de lancer une roquette.

Votre film va sans doute provoquer quelques irritations parmi les confrères. Quels sont les reproches que vos contempteurs fourbissent le plus fréquemment ?

YK : La réaction qui revient le plus souvent, de la part des membres de la profession, c’est l’accusation de simplisme : « D’accord, mais c’est plus compliqué que ça. » C’est la réponse classique dès lors qu’un problème est saisi par d’autres mains que celles qui en revendiquent le monopole. Effectivement, nous affirmons des choses simples, parce que le constat est simple à poser. Pour prendre un exemple tiré du film : le rôle de Christine Ockrent. On va nous dire : « C’est plus compliqué que ça, ce n’est pas parce qu’elle a été nommée directrice générale de France 24 au moment où son mari était ministre des Affaires étrangères qu’elle va nécessairement relayer la propagande du pouvoir. Et puis, vous ne tenez aucun compte de l’indépendance des journalistes qui travaillent pour elle… » Or, pour nous, la question est simple : est-ce que, dans une démocratie telle qu’on la souhaite, on admet que l’épouse d’un ministre en exercice soit nommée par le Président de la République à la tête de l’audiovisuel extérieur français ? Oui ou non ? Est-ce une bonne chose que les journalistes censés éclairer le jugement des citoyens fassent des ménages pour des entreprises privées ? Est-il normal qu’un petit cercle d’experts qui se cooptent et partagent les mêmes points de vue accaparent l’espace médiatique ? Faut-il s’accommoder du pouvoir des annonceurs ? Ce sont là des questions simples, auxquelles on doit répondre par oui ou par non. On vous reprochera certainement d’avoir fait un film partisan…

YK : Bien sûr. On n’avance pas masqué… Mais nous pensons que la critique des médias concerne tout le monde, et notamment que la question du pluralisme devrait intéresser toutes les composantes de la vie politique pour peu qu’elle soit démocratique. Pas de nuances, mais des faits et donc des noms.

L’attaque ad hominem est-elle un mal nécessaire ? Comment la justifiez-vous ?

YK : On ne peut pas comprendre le système médiatique sans identifier nommément les individus qui l’incarnent. Et, dans la mesure où il y a une certaine catégorie d’individus dont la position de pouvoir se confond avec leur personne, on les attaque pour ce qu’ils sont, et en leur nom propre. Dans le film, on ne tape pas sur les journalistes de base, les soutiers de l’information, même s’ils portent leur part de responsabilité. On s’intéresse à ceux qui occupent des positions de pouvoir et qui ne se gênent pas, eux, pour attaquer les catégories sociales exclues de l’espace médiatique.

GB : L’éditorial du Plan B n°6 répond à votre question : « Comment lutter sans identifier l’adversaire ? » « Pourfendre les « marchés » sans nommer les architectes des marchés dématérialise la lutte sociale. C’est oublier que les mécanismes analysés par les économistes sont aussi actionnés par des individus au profit de groupes sociaux particuliers, qu’ils sont appliqués par des courroies de transmission politiques, relayés par la presse qui ment. Une critique qui ne cible personne épargne tout le monde. Il faut nommer l’ennemi ! »

On peut, tel Michel Field, passer en quarante ans du trotskisme à l’UMP. Visiblement, vous tolérez très mal ce genre de parcours. Pourquoi ?

GB : On peut changer d’idées, mais, quand on est journaliste, on n’est pas non plus obligé de devenir le porteur d’eau de Lagardère, du club du Siècle ou des patrons du CAC 40. Quand Michel Field fait des ménages pour Géant Casino, il n’exprime pas une opinion, mais un conflit d’intérêt. Pour nous, cela relève de la faute professionnelle. Est-ce la place d’un journaliste, en pleine campagne référendaire sur le Traité constitutionnel européen, d’animer un meeting de l’UMP en faveur du « oui », et de surcroît d’y faire applaudir son employeur, Arnaud Lagardère, patron d’Europe 1 ? Le travail d’un journaliste, c’est d’informer le public, non de dîner avec les maîtres du monde. Ou alors, on fait de la communication, pas du journalisme. Lors de la sortie du livre de Serge Halimi, le quotidien britannique The Guardian s’étonnait du degré de connivence entre journalistes et responsables politiques français.

S’agit-il d’un mal typiquement hexagonal ?

YK : On est compétent pour analyser le contexte français, pas pour établir des comparaisons avec le reste du monde. Cela étant, l’affaire Murdoch est venue rappeler récemment que les pays anglo-saxons, malgré une presse a priori plus solide que la nôtre, ne sont pas à l’abri des connivences et des conflits d’intérêts. Les nouveaux chiens de garde n’ont pas de frontières.

GB : Aux Etats-Unis, les journalistes entretiennent certes des rapports moins connivents avec la sphère politique, mais ça ne les empêche pas d’avoir une grande proximité avec des idées politiques orientées. Dans son livre Les Nouveaux chiens de garde, Serge Halimi rappelle que la majorité des journalistes américains vivaient jusque dans les années 1960 dans les mêmes quartiers que la classe ouvrière. Aujourd’hui, alors que des milliers d’entre eux gagnent plus de 100 000 dollars par an, leur vie quotidienne, écrit-il, « les rend beaucoup plus sensibles aux problèmes des privilégiés qu’au sort des travailleurs payés au salaire minimum ». La même analyse vaut aussi pour la France.

Internet peut-il changer la donne ?

YK : On n’a pas suffisamment de recul pour pouvoir en juger, mais la neutralité du net est loin d’être assurée. Qui peut prédire que le réseau ne passera pas sous la coupe des groupes dominants ? On entend souvent dire : les médias sont corrompus, laissons tomber et replions-nous sur l’Internet. Ce serait notre unique planche de salut. Je pense que c’est une erreur. Quel est le site d’infos le plus consulté sur le web ? Celui de TF1. Mediapart n’arrive qu’en 26 ou 27ème position… La hiérarchie des médias traditionnels se retrouve sur Internet. Par ailleurs, la télévision reste encore pour une large majorité de Français la principale source d’informations. Il n’est donc pas question de renoncer à l’exigence d’une télévision pluraliste et indépendante. Oui, il faut créer des médias alternatifs, c’est évident, mais pas au prix d’une désertion du terrain des médias dominants.

GB : La presse écrite aussi continue de jouer un rôle important. Le Parisien, par exemple, est excessivement lu par les journalistes qui fabriquent l’info radio télé. Internet a certes élargi l’offre, mais sans profiter réellement aux classes sociales défavorisées, pour lesquelles la télévision et la presse quotidienne régionale (PQR) restent les principaux moyens d’information.

N’y a-t-il pas un paradoxe à constituer un dossier de presse pour un film tel que le vôtre ? Les journalistes auxquels il s’adresse sont, pour certains, salariés des organes que vous attaquez…

YK : Il n’y a aucune raison de ne pas fournir des éléments de réflexion aux journalistes qui font correctement leur boulot. Heureusement, il y en a encore. Les Nouveaux chiens de garde n’est pas un film contre la profession de journaliste, mais contre une certaine forme d’organisation sociale et économique des médias et un certain type de journalisme.

GB : Ce dossier de presse n’est d’ailleurs pas destiné qu’aux seuls journalistes. Il a aussi pour fonction de donner quelques munitions supplémentaires à tous ceux qui refusent de se laisser garder par les chiens de garde.

 

article source sur CDURABLE.INFO

 

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source : CDURABLE.INFO

 

Le 5 janvier 2012 | Par

Anne-Sophie

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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...

Début d’année rime avec foisonnement de voeux et de bonnes résolutions, alors face à cette obésité d’enthousiasmantes intentions, prenons en une bien bonne pour 2012 : place à la détox planétaire !

Depuis le temps qu’on vous dit que la planète ne va pas bien, qu’on est en surmenage à tous niveaux… mettons le holà sur les “excès Terra” !

Image réalisée par l’artiste-poète Patrice Zana

Le monde repose sur les genoux d’une fourmi“ nous dit le poète d’origine congolaise Gabriel “Mwènè” Okoundji, “nous sommes comme des apprentis sorciers qui ne savent plus de quel côté ils doivent se tourner.” Mais ne pouvons nous pas réfléchir aux mots clefs qui remplaceraient idéalement les maux de notre civilisation. En 2012, je me lance : nous pourrions rêver de…

Partage et de collaboration : ça tombe bien, il s’agit de l’année internationale des coopératives. L’Assemblée générale des Nations unies l’a proclamée “en hommage à la contribution de ces organisations à la réduction de la pauvreté, la création d’emplois et l’intégration sociale”. Le partage sauvera le monde, et les logiques de collaboration devront se démultiplier pour surmonter les défis qui se présentent à nous, à l’échelle individuelle tant qu’à l’échelle organisationnelle ou sociétale. Gageons que 2012 actera cela de manière forte !

Locavorisme : les locavores sont de plus en plus nombreux, nous cherchons tous à être réassurés, et cela passe par le local. Lien social et confiance retrouvés avec les producteurs et artisans du coin, relations plus riches avec nos voisins, échanges de services, relocalisation de certains savoir-faire… autant de dimensions que nous pourrons cultiver. Le vivre-ensemble commence au coin de la rue !

Renouveau politique : avec des élections présidentielles en France, mais aussi en Russie et aux Etats-Unis, 2012 va catalyser des espoirs, être porteuse de déceptions également. Après les mouvements de révoltes en 2011, ces élections nous permettront-elles de vraiment rêver d’autres possibles ? Il est temps de redonner de la valeur au geste et à la parole politiques.

Accès à l’énergie : 2012 est aussi l’année de l’énergie durable pour tous. Arriverons nous à faire reculer le risque nucléaire et à démocratiser les accès à l’énergie ? Cette question est iminemment politique il est vrai, mais il serait bien d’imaginer un monde où chacun puisse produire localement sa propre énergie de manière renouvelable…

Lenteur : comme le rappelle Gabriel, notre poète, “il faut essayer de décrocher de temps en temps. En Afrique, on dit que seules la patience et la lenteur garantissent l’éternité du chemin. On ne peut pas bâtir une maison en une seule journée, éternellement être le plus fort. Ce n’est pas pour rien que nous sommes devenus de très grands consommateurs de tranquillisants ou de somnifères. Le mot « peur » a disparu de notre vocabulaire au profit du stress et de l’angoisse. Il est normal que l’on ait peur, de l’orage, de la nuit, des dieux. Cette peur naturelle est devenue une peur de ne pas réussir, de ne pas pouvoir être au top. C’est à tout cela qu’il faut essayer d’échapper, en ayant ce que j’appelle une vision poétique de la vie”. Apprenons donc à lever le pied, contemplons un peu plus le monde qui nous entoure, à ne plus nous laisser aller dans diverses frénésies…

Avec tout cela en tête, on a de quoi vous souhaiter une belle année 2012 !

Mais vous, de quoi rêvez vous en ce nouvel an qui commence…?

 

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En France, tout le monde s'y met ! Il existe un nombre incalculable d’associations qui font des choses formidables pour la jeunesse et pour l’avenir. Mais que se passe-t-il ?

Je mobilise mon réseau sur Internet pour amplifier ce mouvement !

3ème édition des Trophées des Associations de la Fondation EDF Diversiterre Encourager et valoriser les initiatives des associations qui œuvrent avec ou en faveur des jeunes de moins de 26 ans. C'est l'objectif de l'opération de mécénat "Les Trophées des Associations" organisée du 14 novembre 2011 au 8 février 2012 par la Fondation EDF Diversiterre*.
Parrainée par Michel Boujenah, cette campagne se déroule sur Internet et s’adresse à toutes les associations, locales comme nationales, avec cette année du nouveau, Les Trophées des Associations s'ouvrent à l'international (pourront donc candidater des initiatives réalisées à l'étranger par des associations françaises).

Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 8 février 2012 dans la limite de 1000 dossiers et 30 associations lauréates se partageront un montant total de 300 000 euros pour leurs actions menées dans trois domaines d'intervention : Solidarité, nature et culture.

Solidarité : Les associations qui font vivre le lien social et travaillent à l'insertion des jeunes dans la société ou les accompagnent dans l'appropriation des principes de la citoyenneté, en France et dans le monde.

Nature : Les associations qui apprennent aux jeunes à préserver la planète et sa biodiversité, et participent en France et dans le monde à la protection du patrimoine naturel, de ses ressources naturelles et énergétiques.

Culture : Les associations qui favorisent le développement des jeunes par l'art, l'histoire, la science en leur donnant accès à la connaissance, à la pratique culturelle, artistique et scientifique.

Un dispositif participatif ouvert à tous et accessible grâce à Internet.

Comme Michel Boujenah, le souligne "J'admire les gens qui travaillent dans ses associations et je comprends aussi pourquoi ils le font, parce qu'en aidant les autres, on s'aide soi-même". Et "Aller sur Internet pour soutenir une association ne prend que quelques secondes"...


*Fondation EDF Diversiterre, Fondation d'entreprise ayant pour finalité le soutien d'actions d'intérêt général en faveur du lien social et de la préservation de la planète rassemblant la diversité des personnes, des générations, des cultures et de la nature.

Le message est passé Michel... Internautes nous avons jusqu'au 8 février 2012 pour inscrire, recommander ou soutenir une association sur le site des Trophées des Associations (www.tropheesfondation.edf.com).

Reste aux bénévoles, salariés, responsables associatifs à amplifier le mouvement et mobiliser leur réseau afin d’obtenir un maximum de votes sur Internet.

C'est mon dernier mot... A vous d'apprécier, point d'interrogation !

Que pensez-vous de l'opération de mécénat : Trophées des Associations de la Fondation EDF Diversiterre

Bonne, originale, pertinente, efficace, créative, innovante ou mauvaise ?

Une réaction, un avis, une idée ? Votez, commentez et proposez des améliorations !

Aidez, Donnez votre avis* : Pour chaque affirmation suivante, dites-nous si elle s'applique à cette opération ?


*Blog-associations.com sonde (en permanence) ses lecteurs sur les quêtes du moment, d'hier et de demain... Nos sondages alternatifs n'ont pas (encore) de valeur scientifique, ils donnent une simple indication de l'opinion de nos lecteurs. Contactez-nous, pour vous inscrire sur notre panel blog-associations.
Merci encore de votre soutien.

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Mis en ligne le : 20/12/2011 pour www.blog-associations.com

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