Difficile de passer à côté des indignés en ce moment, ou des manifestations anti-G20, des différents mouvements de révolte… Autant de signes d’un raz-le-bol global quant à la marche du monde, mais à bien y réfléchir, que voulons nous vraiment, dans le fond, maintenant ?
Certains accusent les marchés financiers, d’autres les politiques, le chômage, les injustices qui anéantissent nos sociétés… A écouter les différentes revendications, c’est bien l’ensemble du fonctionnement et de la conduite de nos sociétés qui sont en cause. Les indignés en appellent à d’autres modes de gouvernance et souhaitent, comme beaucoup d’écologistes depuis près de 40 ans, une révision radicale de notre système économique et de nos démocraties.
Dans ce contexte, une image a retenu mon attention, reprenant un slogan largement utilisé par les indignés : il s’agit de la photo suivante, prise par un étudiant pour Rue89, le 16 octobre dernier.

Pourquoi cette photo m’a-t-elle interpellée ? Parce qu’elle résume tout, ou presque, à mes yeux. Certains y verront une analyse très fleur bleue, limite hippy, de la solution à nos problèmes. Mais ils se trompent : les utopistes aujourd’hui, ce sont eux.
Les utopistes ne sont plus ceux que l’on croit
La revue Nature a révélé hier que le réchauffement ne pourrait plus désormais être limité à deux degrès Celsius. Partout dans le monde, des catastrophes naturelles ravagent des vies, le nombre de réfugiés climatiques s’accroît sans cesse, la biodiversité s’érode jour après jour, les forêts sont dévastées, les pollutions se multiplient, le prix des denrées alimentaires flambe, la pauvreté et la famine touchent une population de plus en plus nombreuse, etc. etc. La liste est longue, et pourtant, aujourd’hui, les marchés continuent à faire la loi.
Que lit-on dans Le Monde d’hier encore ? Que le plan de rigueur décidé par l’Elysée est destiné à rassurer les marchés et les agences de notation. Rassurer les marchés et les agences de notation. Ne faut-il pas être aveugle pour voir que notre système s’essouffle plus que jamais ? Qui sont-elles, ces agences de notation, pour décider de l’avenir de millions d’hommes et de femmes ? L’économie et la croissance font donc office de religion pour décider ainsi du bien commun de l’humanité ?
Le partage sauvera le monde
Le bien commun de l’humanité doit sérieusement être reconsidéré aujourd’hui. Encore faut-il que nous nous interrogions nous même sur ce que nous voulons vraiment. Une société plus conviviale, certes, plus partageuse, plus humaine. Mais comment distinguer l’intérêt général aujourd’hui défendu par nos gouvernants (et considéré comme la somme des intérêts individuels des citoyens) de la préservation du bien commun ? Si nous faisons voeux d’une société plus conviviale, comment allons nous nous assurer que sa décence retrouvée le sera pour tous, qu’il n’y aura plus de déchus ?
Certaines pistes émergent, avec le développement de l’économie du partage et de la consommation collaborative notamment. Profitant de l’effet de masse permis par les technologies mobiles, le mouvement est en train de prendre ses marques et l’option paraît bonne cette fois-ci (tant que la régulation ne pointe pas trop le bout de son nez pour défendre les acteurs traditionnels…) Des investisseurs misent sur le modèle, soutiennent des initiatives dont le modèle économique repose plus sur la gestion des besoins de l’être que de la satisfaction de l’avoir - préservant un peu, ainsi, l’esprit de partage propre aux enfants (cf. la vidéo suivante.)
La logique est belle, et bien en phase avec un autre motto écolo : “moins de biens, plus de liens“. Pour cela, nous devons progressivement changer de logiciel, avancer définitivement dans un autre paradigme, et être force de proposition dans cette envie de mieux-vivre.
Mais une chose m’intrigue, par curiosité : que vous soyez candidats pour 2012, indignés, résignés, engagés de tous bord, que proposez vous pour défendre le mieux vivre auquel nous aspirons tous ? Vous êtes déjà vraiment posé la question ? Comment préserver ces rêves et faire mûrir ces réflexes d’enfants pour que notre monde d’adulte le devienne vraiment ?
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