citoyens

Ce dimanche 15 janvier, malgré un soleil radieux, environ 1300 personnes ont assisté à la « journée des alternatives », organisée par Attac en partenariat avec Médiapart, sur le thème « Leur dette, notre démocratie ».

Une salle bondée de 9h30 à 18h sans interruption, des participants des mouvements d'indignés provenant de plusieurs parties du monde, des débats passionnants et passionnés, animés par des journalistes décapants, mais aussi des intermèdes culturels hilarants : une conférence gesticulée d'Etienne Leconte sur la dette, des clips satiriques de Rafaele Arditi, et le Tribunal populaire des banques monté par la Compagnie Naje et Attac... tout a contribué au succès de cette initiative.

En introduction Aurélie Trouvé a ironiquement remercié Standard & Poors d’avoir donné de la publicité à la conférence en dégradant la note de la France, et souligné que cette conférence internationale était une première en France; Edwy Plenel s’est félicité de la collaboration étroite et prometteuse entre Attac et Médiapart.

La table-ronde du matin, animée par Martine Orange de Médiapart, rassemblait les partenaires de l'Audit citoyen de la dette publique en France, ainsi que deux participants étrangers. Raquel Freire, du Mouvement du 27 mars au Portugal, a indiqué comment, après la gigantesque manifestation de précaires convoquée via Facebook le 27 mars 2011 contre l’austérité, les mouvements sociaux portugais avaient abouti à la création d'un collectif pour un audit citoyen de la dette publique portugaise qui a tenu sa conférence constitutive le 19 décembre dernier. Chafik Ben Rouine, de l'ACET (Auditons les Créances Européennes envers la Tunisie), a montré combien les dettes du régime Ben Ali pesaient aujourd'hui sur le budget de la Tunisie nouvelle, et prôné la coopération des mouvements sociaux de part et d’autre de la Méditerranée. Eric Toussaint, du CADTM, a confirmé l’importance de construire un mouvement international de contestation de la dette et de l’austérité, tandis que Annick Coupé (Solidaires) insistait sur l’urgence, pour les organisations syndicales, de soulever la chape de la résignation face au rouleau compresseur de l'austérité. Marie-Laurence Bertrand (CGT) soulignait la nécessité d’ancrer l'audit dans l’expertise des citoyens et des salariés afin de créer une véritable dynamique de contestation du discours fataliste et culpabilisateur sur la dette.

Ces interventions des acteurs de l'Audit illustraient les riches analyses introductives présentées par Dominique Plihon sur l'origine véritable de la dette publique (défiscalisation des riches et austérité) et Geneviève Azam sur le dévoiement de la notion de dette ramenée à son seul aspect financier pour mieux nier la dette sociale, non contractuelle, qui rend les individus capables de faire société.

La première table-ronde de l’après-midi, animée par Ludovic Lamant de Médiapart, était consacrée aux mouvements sociaux émergents. Isham Christie, d’Occupy Wall Street, montrait comment ce mouvement des assemblées populaires avait pu en quelques mois transformer profondément le débat politique aux USA, pesant y compris sur la campagne électorale en cours. Patricia Susial, d’Attac Espagne,  rappelait comment les agissements d’élites « indignes » avaient transformé des milliers d’électeurs « résignés » en citoyens « indignés », tandis que Katerina Kitidi, réalisatrice grecque du film Debtocracy, décrivait la puissante dynamique mais aussi les limites du  « mouvements des places » qui a marqué la Grèce l’été dernier.  Katrin Oddsdottir, membre de l’Assemblée constituante islandaise, a décrit comment l’insurrection citoyenne contre la dette des banques islandaises a abouti à l’écriture d’une nouvelle Constitution à travers une procédure démocratique inédite combinant tirage au sort et élection. Yves Sintomer , politiste, relevait la radicalité démocratique potentielle du tirage au sort des citoyens, et suggérait une Assemblée constituante européenne tirée au sort. Jean-Baptiste Eyraud (DAL) a expliqué qu'il faut maintenant passer, en France aussi, à l'offensive, notamment sur la question du logement, en lançant un mouvement de contestation du logement cher. Cécile Stratonovitch, des Indignés parisiens, a fait état des actions menées en France et annoncé de nouvelles initiatives, notamment autour du 15 mars, du 15 mai et des élections. Nicolas Haeringer, d’Attac, a montré comment les mouvements indignés prolongent et enrichissent le mouvement altermondialiste du tournant des années 2000, et Thomas Coutrot, d’Attac,  a insisté sur le divorce aujourd’hui patent entre capitalisme et démocratie, au cœur d’une crise de civilisation.

Après l’intermède ludique du Tribunal populaire des banques, la dernière table-ronde, sous la houlette de Laurent Mauduit (de Médiapart), s’est interrogée sur les issues à la crise européenne. Max Bank, d’Attac Allemagne, a prôné la construction d’un agenda commun des mouvements sociaux contre l’austérité en Europe pour éviter les replis nationalistes, et proposé un grand rendez-vous européen le 15 mai à Francfort devant la BCE. Noël Daucé, de la FSU, a souhaité que le développement des mobilisations citoyennes en Europe pousse le mouvement syndical européen à plus d’initiatives et d’audace dans l’action. Pierre Khalfa, pour la Fondation Copernic, a prôné une stratégie de rupture européenne avec le néolibéralisme, par l’alliance des mouvements sociaux et citoyens et des initiatives de ruptures pouvant passer par le niveau national mais sans s’y arrêter ; A la lumière de l'inertie présente de la "croyance monétaire allemande", Frédéric Lordon a parcouru les diverses configurations possibles : union complète (mais pour l'heure sans l'Allemagne), union partielle, solution nationale classique, pour souligner que cette dernière, si elle ne s'impose pas univoquement, n'a en rien à être exclu de l'ensemble des options disponibles. Philippe Corcuff a plaidé pour une stratégie « cosmopolitique » européenne et internationaliste, pariant sur la profondeur de la crise et des redéfinitions politiques et culturelles qu’elle va impliquer pour parvenir à hisser la politique démocratique au niveau international où elle est aujourd’hui requise.

Edwy Plenel, introduisant la conclusion de la journée en s’appuyant sur une phrase de Walter Benjamin, a estimé que les révolutions qu’on voit aujourd’hui émerger ne sont peut-être pas la « locomotive de l’histoire »  mais « le geste de l’espèce humaine voyageant dans ce train pour saisir le signal d’alarme ». Susan George a souligné avec gravité la portée historique des enjeux et des dangers actuels, et appelait à une lutte sans merci contre le fanatisme religieux du marché. Stéphane Hessel, dans une intervention poignante, nous a exhortés à rejeter toute tentation de résignation et à faire preuve de courage face aux difficultés et aux luttes à venir. Jean-Marie Harribey concluait en rappelant les grands axes d’une politique alternative au néolibéralisme et en indiquant que pour Attac la démocratie est à la fois le but et le chemin.

Alors que les élites européennes s’affairent sur le nouveau traité, dit « Pacte fiscal », pour graver dans le marbre les politiques d’austérité, la riposte des mouvements sociaux doit être à la hauteur de l’enjeu. Les mouvements populaires français, européens et internationaux sauront construire leurs convergences et leurs agendas communs dans les mois à venir pour imposer un coup d’arrêt à l’austérité et commencer à reconstruire leur pouvoir sur les affaires publiques, le pouvoir de la démocratie. Le succès inespéré de cette conférence a montré que les attentes sont fortes.

Attac France, 18 janvier 2012


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Face au chômage qui mine en profondeur la société française, il faut changer de méthode et faire ce que nous n’avons jamais essayé

"Tous les partenaires, tous les intéressés, y compris les représentants des demandeurs d’emploi organisés, doivent être réunis autour de la table, pour définir les finalités, évaluer les moyens à mettre en œuvre et la contribution que chacun peut et doit apporter" estime le collectif Pacte Civique. "En se donnant le temps nécessaire. C’est ainsi que les pays qui ont mieux réussi que nous ont procédé, c’est comme cela que nous pourrons avancer. Le chômage sape la démocratie, c’est par des méthodes démocratiques, par un débat de qualité, en pratiquant, enfin, sur ce sujet difficile une authentique éthique de la discussion, que nous pourrons en venir à bout en mobilisant la créativité collective nécessaire".

Un Grenelle de l’emploi pour faire de l’emploi de qualité pour tous une priorité nationale

Le Collectif propose que soit mis en place immédiatement après l’élection présidentielle, quel qu’en soit le résultat, un processus de « Grenelle de l’emploi ». Ce processus doit être préparé dès maintenant par les services compétents qui doivent établir un état des lieux. Il devra disposer d’un délai suffisant pour pouvoir travailler en profondeur et ne pas être soumis à la dictature de l’urgence, mauvaise conseillère en la matière. "Ce Grenelle de l’emploi aura pour objectif de faire de l’emploi de qualité pour tous, à temps choisi, une priorité nationale réelle et partagée", résume le collectif.

Le collectif Pacte civique propose 4 propositions structurantes

Le Collectif souhaite que, parmi les multiples sujets qui seront évoqués, les quatre propositions suivantes fassent l’objet d’un examen attentif en raison de leur caractère structurant :

- Affecter une part des crédits des politiques de l’emploi à l’organisation et à l’expression des demandeurs d’emploi afin que ceux- ci puissent participer à l’évaluation de l’existant et à la co-construction de ces politiques qui les concernent au premier chef ;

- Inciter les partenaires sociaux à négocier dans les branches et les entreprises des accords de défense et de promotion de l’emploi afin de bénéficier d’un bonus sur les allégements de charges sociales existants, un malus étant décompté en cas d’absence d’accord ;

- Etendre le champ de l’assurance-chômage afin de réduire la place devenue excessive des minimas sociaux, et doter le service public de l’emploi des moyens lui permettant d’accompagner correctement les demandeurs d’emploi. Pour obtenir les ressources nécessaires, faire contribuer progressivement les revenus du capital ainsi que les trois fonctions publiques et leurs agents à l’assurance-chômage, dans un esprit de solidarité ;

- Créer progressivement une obligation d’embauche de chômeurs de longue durée par les administrations et par les entreprises, sous réserve du paiement en cas contraire d’une contribution dont le produit sera affecté au financement des emplois aidés.

"Il est clair que l’effet de ces mesures sera limité si, parallèlement, les efforts nécessaires n’ont pas été accomplis pour réguler étroitement les activités financières et les relier à leur fonction économique" prévient le Collectif. "Nous souhaitons en outre que ces propositions s’inscrivent dans le cadre d’une réflexion prospective sur le sens, la nature et les formes du travail, de l’emploi, et de l’activité , sur leur place dans les temps et équilibres de vie individuels et collectifs, ainsi que sur les droits, responsabilités et devoirs qui les accompagnent".

Le Pacte civique : un appel à inventer un futur désirable pour tous

Le Pacte civique appelle les citoyens, les organismes publics, associatifs, économiques et sociaux, ainsi que les responsables politiques, à œuvrer pour une société désirable pour tous à partir des impératifs fondamentaux de créativité, sobriété, justice et fraternité. Il vise à rassembler les énergies pour faire émerger des propositions concrètes, alternatives et structurantes et à associer le plus grand nombre afin d’interpeller les responsables politiques à l’occasion des prochaines échéances électorales.

Un constat : face à la crise, penser, agir, vivre autrement en démocratie

La crise ouvre une nouvelle époque en France, en Europe et dans le monde. C’est une conviction autour de laquelle un collectif d’associations s’est constitué dans un double but : analyser et agir ensemble. Ses réflexions et propositions s’articulent autour des quatre points suivants.

1 - Une crise qui vient de loin et qui ébranle nos certitudes

La force et la brutalité de la crise, évidentes pour tous, ne doivent pas nous leurrer : elle vient de loin. Elle est le résultat de tous les défis non affrontés, de tous les avertissements non entendus, de tous les déséquilibres accumulés, de toutes les démesures tolérées, donc de tous les changements qui n’ont pas été faits à temps. Il est question de la crise ; or, elle en additionne au moins trois, ce qui explique son ampleur particulière : la crise sociale, due au chômage, à l’exclusion, à la précarité, aux inégalités extrêmes, qui sévit depuis longtemps ; la crise écologique, de mieux en mieux perçue, mais qui se développe plus vite que les moyens, insuffisants, mis en œuvre pour y parer ; la crise économique et financière enfin - qui aggrave l’ensemble - largement due à l’appétit immodéré pour l’argent et pour la rentabilité à tout prix. Ces crises, aggravées par le laisser-faire individualiste qui les a accompagnées, sont l’expression d’une crise culturelle et morale de nos sociétés.

Face à cette situation, plusieurs approches sont proposées :

  • les uns mettent l’accent sur le manque de cohérence entre nos comportements et nos idéaux et sur les changements à opérer dans la manière de produire, consommer, épargner, investir. Certains prônent ainsi un bouleversement du système économique, même s’il n’y a pas actuellement d’alternative évidente.
  • d’autres mettent d’abord leur espoir dans une généralisation des multiples initiatives et expérimentations mises en œuvre, notamment dans l’économie sociale et solidaire.
  • d’autres enfin insistent sur le fossé qui s’est creusé entre la représentation politique et la société. Mais tous nous estimons qu’il faudra tenir compte de ces différentes attitudes et que les multiples déséquilibres actuels ne seront pas résolus par de simples solutions "régulationnistes". Celles-ci ne permettront pas de repartir comme avant.

Cette crise nous conduit à revisiter nos certitudes à travers une triple prise de conscience :

  • conscience des limites de la nature : on ne peut prélever indéfiniment des ressources finies,
  • conscience des limites de l’intérêt personnel, mis en compétition avec celui d’autrui : les intérêts égoïstes sont sources d’inégalité et leur somme ne garantit pas l’intérêt général,
  • conscience des limites de l’accumulation des désirs de tous ordres produits par les systèmes en place, qu’ils n’ont plus les moyens de satisfaire.

Nous sommes en présence non seulement d’une crise de confiance, mais d’une crise de foi dans l’automaticité du progrès. Nous assistons à une fin de cycle de la modernité, modernité que Max Weber avait caractérisée comme le passage d’une société cherchant dans la religion la solution à ses maux à une société la trouvant dans l’effort productif et le progrès économique.

2 - La crise oblige à mobiliser des potentiels humains mal reconnus mais disponibles

Pour autant, il importe de ne pas se complaire dans des analyses anxiogènes de la crise et d’anticiper les risques de régression qui pourraient en résulter. La fragilisation des situations entraîne crispation sur l’avoir, repliement sur l’individualisme, aggravation des inégalités, mouvements sociaux et durcissement des mesures défensives et répressives.

Pour y parer, il faut protéger les plus faibles par un bouclier social renforcé et rétablir la confiance en s’appuyant sur ce qui constitue la colonne vertébrale de nos sociétés : l’option pour la démocratie et le respect de la personne humaine. En se souvenant que l’espérance est un principe actif et que les métamorphoses, même improbables à un moment donné, sont possibles si l’on fait confiance aux capacités créatrices de chacun.

A cet égard, le collectif associatif constate que, loin des discours catastrophistes ou démobilisateurs, beaucoup de femmes et d’hommes, à l’occasion de ces différentes crises, découvrent au fond d’eux-mêmes, chez leurs proches ou dans leur communauté d’appartenance, des ressources qu’ils ne soupçonnaient pas et qu’ils ont du mal à exprimer clairement. Qu’il s’agisse de simple "courage", d’"instinct vital" ou de "quêtes d’identité", des énergies personnelles latentes se font jour, qui prennent des formes très différentes : conscience morale, humanisme, profondeur, intériorité, transcendance, espérance…

Cette "force éthique" (qui se déprend de la fascination pour la compétition ou pour la communication) stimule les réactions face aux pires situations d’humiliation et redonne confiance aux personnes en leur rendant le sentiment de leur propre dignité, comme de l’égale dignité de tous les hommes. Elle constitue à nos yeux le principal ressort qui nous permettra de donner un nouvel élan à la démocratie et à la citoyenneté, et de sortir de la crise. Un "droit de cité" doit lui être reconnu dans notre espace laïc et pluraliste ! Par ailleurs, on assiste à une prolifération d’initiatives, à l’émergence de nouvelles formes de militances, à une accélération des changements de comportement et à une montée d’aspirations nouvelles, notamment dans les jeunes générations particulièrement sensibles aux injustices et contradictions découlant de nos modes de vie et de gouvernance.

  • face à la crise écologique, le rapport à l’environnement, au gaspillage, au traitement des déchets, aux produits "bio" évolue ; face à la crise de l’énergie, des énergies renouvelables sont promues et des économies d’énergie recherchées ; sur le plan politique, un Pacte Écologique a conduit au Grenelle de l’environnement ;
  • les personnes sont encouragées "à travailler sur elles mêmes", à sortir de leur individualisme et de leur "quant à soi" pour fraterniser et pour innover ;
  • face au chômage, de nombreuses associations de solidarité se sont créées et les principes de fonctionnement de l’économie solidaire retrouvent une nouvelle vigueur ;
  • des entreprises prennent conscience de la nécessité d’élever le niveau de leur responsabilité sociale et écologique tandis que l’économie sociale et solidaire ressent la nécessité de prendre un nouvel élan ;
  • des maires, avec l’appui de leurs concitoyens, développent de nouvelles formes de vivre ensemble et pratiquent une fraternité de proximité qui vise notamment à réduire les fractures sociales, territoriales et intergénérationnelles.

Quant aux artistes, non seulement ils expriment les tensions de nos sociétés, mais ils jouent aussi le rôle de médiateur de leurs changements ; leur contribution ne peut être négligée en tant que facteur d’éveil, de sensibilité et de porteur d’utopie.

Plus largement, c’est un nouvel état d’esprit qui est en germe, avec la recherche non seulement de la "qualité de la vie", mais aussi de nouveaux modes de vie et de relations humaines plus vraies, y compris avec les moins chanceux ou les plus vulnérables. Ce sont autant de points d’appui pour sortir de la crise.

3 - Les forces humanistes, spirituelles et politiques doivent œuvrer ensemble pour améliorer la qualité démocratique

Beaucoup se ressourcent dans des courants de sagesse ou de spiritualité qui aident les personnes et les groupes à assumer cette "vulnérabilité" aggravée par la crise et à trouver un nouveau souffle. La rationalité contemporaine ne peut pas ignorer la manière dont ces sagesses ou ces spiritualités peuvent :

  • aider les personnes à se constituer et à agir,
  • inciter la démocratie à "se remettre en question", à dépasser son fonctionnement procédural et administratif et à s’ouvrir à des relations davantage solidaires, responsables et créatives.

Quant aux religions, lorsqu’elles évitent les dérives sectaires et identitaires, elles peuvent constituer une force de dépassement, de modération, et de solidarité. Cela suppose qu’elles jouent le jeu de nos démocraties pluralistes et qu’elles acceptent sans réticence le principe fondamental de la laïcité, clef de voûte d’un pluralisme où tous les courants de pensée peuvent s’exprimer et où personne n’a définitivement le dernier mot.

Les systèmes politiques ont de grandes difficultés à faire face à cette mutation vers un développement humain qui prenne en compte tout l’homme et tout homme, faute :

  • d’une démocratie représentative capable de proposer des choix exigeants et motivants et de mobiliser les citoyens pour les mettre en œuvre,
  • d’un débat démocratique porteur de compromis constructifs appuyés sur la recherche d’intérêts réciproques dans la durée,
  • d’une démocratie de proximité liée à la participation du plus grand nombre et à la coopération entre élus, administrations et associations.

Nous sommes convaincus que la qualité morale des responsables de tous ordres, leur capacité à s’engager et à parler vrai joueront un rôle essentiel. Nous pensons aussi que la qualité du fonctionnement démocratique devra être considérablement améliorée pour répondre aux défis.

Nous estimons donc que la situation actuelle appelle des réponses transversales et transdisciplinaires ; le politique doit reprendre la main qu’il a trop abandonnée à l’économie de marché. Il faut ouvrir largement le débat sur l’essentiel, sur la civilisation que nous voulons désormais bâtir en Europe, à l’ère de la mondialisation et du monde fini.

Si l’économie, pas plus que l’argent, ne fait le bonheur - tout en pouvant y contribuer évidemment - quels sont aujourd’hui, quels seront demain, les ressorts profonds de la société, ses motifs de mobilisation, ses finalités ? Tel est le débat démocratique à ouvrir, de manière la plus large possible, à un moment où la mobilisation traditionnelle autour du pouvoir d’achat ne suffit plus. La recherche du bonheur par l’accumulation de l’avoir a constitué l’orientation fondamentale de la modernité ; cette approche, contraire à la plupart des traditions de sagesse dont aucune ne place le bonheur et la joie de vivre dans la possession, a démontré ses limites. Il faut la repenser en équilibrant mieux l’être et l’avoir, le mode de vie et le niveau de vie, le bien être et le mieux être, avec, par exemple, comme mot d’ordre : "Autrement, le bonheur".

Une telle approche, loin d’oublier les tragédies du monde ou la réalité de la mort, propose au contraire de donner à tout être humain le droit de vivre pleinement son humanité au lieu de borner son horizon à assurer au mieux sa survie biologique. Elle s’assure de la réalisation concrète de la démocratie et de son principe essentiel : "Le respect de l’égale dignité de chaque homme, mesuré à l’aune du sort réservé aux plus faibles".

La crise est en tout cas un appel à penser, agir et vivre autrement. Tirons en les conséquences en engageant une nouvelle démarche, un processus constructif, qui permette de construire cet appel et de préparer la multiplication de véritables expériences démocratiques du vivre ensemble.

4- Un Pacte civique pour élargir le débat et rassembler les énergies

Retrouver le sens des limites et du possible, articuler liberté individuelle et responsabilité collective, réintroduire du lien entre générations, entre couches sociales et entre institutions et citoyens, focaliser l’attention sur tous ceux qui sont victimes des crises, repenser les rapports entre cultures, lier transformation personnelle et transformation sociale, voici des objectifs à approfondir au regard des trois impératifs suivants :

  • impératif de créativité, dont le champ devra s’élargir et porter davantage sur l’écologie, la coopération, les relations interpersonnelles et spirituelles, en un mot à tout ce qui donne sens ;
  • impératif de sobriété, de distinction entre l’essentiel et le superflu, qui va s’imposer sous de multiples formes, avec le risque de dégénérer en austérité imposée aux plus fragiles, s’il n’est pas appliqué en proportion des possibilités de chacun ;
  • impératif de justice qui devra conduire à inventer de nouvelles formes de redistribution pour que le principe d’égale dignité soit effectivement mis en pratique dans un contexte où on ne peut plus compter sur une augmentation rapide des richesses ;

Conscients de toutes ces transformations de la société qui se cherchent, les associations signataires appellent à ouvrir un espace civique où serait débattue la nature de la société française dans laquelle nous voulons vivre et que nous voulons laisser aux générations futures. Cela passe par de nouveaux modes et critères de développement et de nouvelles priorités politiques et institutionnelles, mais aussi par une solidarité en actes à l’égard des plus démunis, par un redéploiement et une modération de nos modes de consommation, par une stimulation de nos capacités relationnelles et de nos sources culturelles, par une prise en compte de notre vulnérabilité comme de notre responsabilité à l’égard de la société, de la planète et des générations futures. Cela implique de prendre en compte les dimensions européennes et mondiales de la préparation de notre avenir commun.

Les présents signataires ne sous-estiment pas les difficultés et obstacles que cette mutation va rencontrer et les risques qui en découlent : risques immédiats d’accroissement des inégalités et de l’exclusion, risque de conflictualité généralisée faute d’obtenir un accord suffisant sur les efforts à faire, risque enfin que les impératifs écologiques servent de prétexte a un renforcement des attitudes autoritaires et sécuritaires.

Seule une amélioration de la qualité de fonctionnement de notre démocratie permettra de faire face à ces risques, qu’il s’agisse de l’engagement responsable des citoyens, du fonctionnement de nos institutions, des comportements du personnel politique ou des pratiques des médias. C’est pourquoi, dans un esprit de réciprocité, symétriquement aux engagements que nous proposerons et prendrons, nous interpellerons les principaux leaders politiques et les grands médias en leur proposant d’adhérer à des chartes de qualité démocratique et à faire preuve de plus d’écoute, de plus d’esprit de service et de plus de capacité de vision. Pour aider à rendre visibles les initiatives en cours et à les fédérer autour d’engagements, à la fois individuels et collectifs, nous proposons d’initier en France un "Pacte Civique". Ce Pacte serait proposé à la signature de tous ceux, individus et collectivités, qui s’engageraient :

  • à adopter un certain nombre de comportements personnels autour notamment de la notion de sobriété créative et solidaire ;
  • à militer pour un ré-outillage démocratique de nos diverses organisations autour notamment de la promotion de l’éthique du débat, de la reconnaissance de la diversité, du principe de responsabilité et de la coopération entre acteurs ;
  • à soutenir des orientations politiques qui promeuvent la qualité démocratique et visent à remettre l’économie et la culture au service de l’homme et non l’inverse et qui, à cet effet, réduisent les inégalités par une redistribution des richesses et donnent aux plus démunis et à ceux qui sont ou se sentent marginalisés la possibilité de participer effectivement à la construction et à l’évaluation des politiques qui nous concernent tous.

- Pour vous informer sur l’évolution du Pacte civique, consultez le site du collectif en cliquant ici.

Un appel : inventer un futur désirable pour tous

Nous sommes de plus en plus nombreux à être :

  • indignés par des inégalités croissantes, la corruption et le règne de la finance,
  • conscients des limites de la nature et de l’accumulation des désirs individuels,
  • inquiets de la montée de la dette, du chômage, de l’exclusion, des violences,
  • choqués par la dégradation de notre démocratie,

Et, en même temps, nous sommes de plus en plus :

  • décidés à résister au délabrement de nos sociétés et aux démesures de la mondialisation,
  • confiants dans les capacités de chacun à progresser et à construire ensemble,
  • déterminés à trouver des équilibres justes en matière sociale et écologique,
  • exigeants sur la cohérence entre ce qui est dit et ce qui est fait,
  • prêts à nous engager et à coopérer pour mieux vivre ensemble.

Il est temps de réagir aux crises, aux dérives et aux fractures dont souffrent notre société et notre démocratie, et c’est possible comme nous le montrent les multiples initiatives en cours. C’est pourquoi plusieurs organisations de la société civile et des militants associatifs ont adopté une plateforme commune et proposé un Pacte civique pour renouveler le vivre-ensemble et rénover la qualité démocratique.

Le Pacte civique, c’est un appel à des personnes et à des organisations qui sont prêtes simultanément à se transformer et à transformer la société pour inventer un futur désirable pour tous.

Il est proposé aux personnes adhérant au Pacte civique :

  • d’adopter un certain nombre de comportements porteurs de sens,
  • de promouvoir la qualité de la démocratie et du vivre ensemble dans leurs divers lieux de vie et dans les organisations où s’exercent leurs différentes activités,
  • de soutenir des réformes visant à mettre la politique et l’économie au service de la personne et à promouvoir notre ouverture sur l’Europe et le monde.

Le Pacte civique s’appuie sur une approche nouvelle du changement et une démarche commune à conduire dans la durée.

Un collectif : pour s’engager

Un Collectif d’associations françaises s’est constitué dans un double but : analyser et agir ensemble. En effet, la société civile ne peut continuer à œuvrer de façon dispersée sans être capable d’adresser un message fort aux citoyens et aux gouvernants. Le lancement officiel du Pacte civique les 14 et 15 mai a pour objectif de :

  • faire comprendre la démarche et partager l’ambition du Pacte civique ;
  • recueillir des bulletins d’adhésion, à la fois des citoyens et des acteurs publics ;
  • récolter avis et commentaires sur la meilleure façon de réussir le Pacte civique afin de susciter l’adhésion du plus grand nombre ;
  • préparer la suite de la démarche, jusqu’à la fin 2013 - une étape intermédiaire importante étant l’interpellation des responsables politiques avant les échéances électorales de 2012.

- Pour vous inscrire dans la démarche cliquez ici.

Les membres actuels du Pacte civique : Aide à toute détresse - ATD Quart-Monde, Agence pour l’éducation par le sport, Association Georges Hourdin, Club de Budapest, Collectif appel à la fraternité, Colibris, Coopaname, Coorace, Démocratie & Spiritualité, FONDA, pour la vie associative, Initiatives et Changement, La Vie Nouvelle, Poursuivre, Récit, Solidarités nouvelles face au chômage, Unis-Cité.

Des personnalités engagées dans le Pacte civique : Alphandéry Claude, Labo de l’ESS - Ancel Geneviève, Dialogues en Humanité Bastide Jean, président de France Bénévolat - Berhault Gilles, président de l’association Communication et Information pour le développement Durable - Caillé Alain, MAUSS (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales) - Calame Pierre, Fondation pour le progrès de l’Homme - Decrop Geneviève, pétition contre la baisse des impôts - Dubois Jean-Pierre, président de la Ligue des Droits de l’Homme - Ginisty Bernard, philisophe - Karli Pierre, Institut du lien social - Pascal Frédéric, doyen du Conseil économique, social et environnemental - Sibille Hugues, ancien délégué à l’innovation et à l’économie sociale - Viveret Patrick, Dialogues en Humanité...

Des engagements :

Nous, des associations et personnalités d’horizons divers, nous nous sommes constitués en Collectif pour agir face à des défis considérables, des menaces réelles de dislocation sociale et face au constat d’une certaine impuissance du politique. Nous avons élaboré à partir de nos convictions et de nos expériences un certain nombre d’engagements.

Nous vous proposons d’y souscrire si vos convictions rejoignent les nôtres. En vous demandant de souscrire à ces engagements, nous ne prétendons pas traiter de tout ni nous substituer à qui que ce soit, nous cherchons seulement à construire les bases d’un "nouveau contrat social et citoyen", bases qu’il nous paraît nécessaire de partager pour amorcer une nouvelle phase de civilisation.

Ces engagements concernent chacun de vous à trois titres indissociables :

  • au titre de personne soucieuse de mieux-vivre,
  • au titre d’acteur engagé dans la vie économique, sociale, culturelle ou civique,
  • au titre de citoyen participant à la vie politique de notre pays.

Nous imaginons bien que plusieurs de ces engagements soient éloignés de vos préoccupations, cependant, nous vous proposons, non pas de choisir les engagements qui vous concernent, mais d’adhérer à l’ensemble des engagements. Nous avons en effet la conviction que les problèmes à résoudre sont liés entre eux et ne trouveront de solutions que dans une démarche collective.

En adhérant globalement aux engagements du Pacte civique, vous signifiez trois choses :

  • vous faites confiance à d’autres pour les engagements où vous n’êtes pas impliqués,
  • d’autres vous font confiance dans les engagements où vous vous impliquez,
  • nous avons confiance en notre capacité collective de changement. Par ailleurs, nous avons bien conscience que nul engagement n’est parfait ni définitif. La société est complexe, l’action ne coïncide pas toujours avec les intentions, ce qui apparait juste et nécessaire à un moment donné peut se révéler contre-productif à un autre, ces engagements peuvent évoluer. Les intentions qui les animent valent autant que les modalités de leur mise en œuvre.

32 engagements pour un futur désirable pour tous

Chacune des personnes s’engage à appliquer à sa propre vie les quatre impératifs de créativité, de sobriété, de justice et de fraternité. A cet effet :

  • 1. Se donner régulièrement des temps de pause pour réfléchir au sens de son action et à l’équilibre de ses responsabilités.
  • 2. Participer de manière constructive au débat public et prendre part aux votes.
  • 3. Assumer ses obligations de contribuables et d’assureurs/assurés sociaux.
  • 4. Consacrer du temps et/ou de l’argent à des engagements d’intérêt collectif, de solidarité ou syndicaux.
  • 5. Aller à la rencontre de l’autre, quelle que soit sa différence, pour construire un vivre ensemble.
  • 6. Reconnaitre le droit à la parole de chacun et favoriser l’expression individuelle ou collective de ceux qui ont le plus de difficulté à s’exprimer ou à se faire comprendre.
  • 7. Lutter contre les gaspillages et adopter des modes de vie plus équilibrés qui préservent la planète.

Les organisations ou membres d’organisation s’engagent à promouvoir les quatre impératifs du Pacte civique et à évaluer comment ils se concrétisent, notamment :

  • 8. Dans l’éducation, promouvoir les talents et faire prévaloir la coopération ainsi que la non-violence sur la compétition.
  • 9. Dans les collectivités locales, développer l’esprit de fraternité au service d’un vivre ensemble durable, sans exclusive ni exclusion.
  • 10. Dans les entreprises, donner au respect des personnes une importance au moins égale au souci de rentabilité, réduire l’échelle des revenus, et renforcer la responsabilité sociale et environnementale dans le cadre d’une gouvernance élargie.
  • 11. Dans les organisations syndicales, faire prévaloir l’accès de tous à un travail décent sur les revendications quantitatives ou catégorielles.
  • 12. Dans les associations et organismes de l’économie sociale et solidaire, respecter ses finalités, les réactualiser, et considérer le succès de chacun comme le succès de tous.
  • 13. Dans les banques et organismes financiers, relier la prise de risque et la créativité à l’utilité économique et sociale des opérations et fixer des limites aux rémunérations.
  • 14. Dans les fonctions publiques et services publics, redonner tout son sens et sa portée à la notion d’intérêt général et de service à la collectivité, pour tous les usagers sans exclusive.
  • 15. Dans les médias, préserver leur autonomie et inscrire dans une charte déontologique le souci du débat démocratique et du rôle éducatif à l’égard des usagers.
  • 16. Dans les communautés spirituelles et courants de pensée organisés, rechercher les valeurs communes du vivre ensemble dans le cadre de la laïcité.
  • 17. Dans les partis politiques, donner la priorité aux enjeux réels sur les luttes internes et la compétition externe, et privilégier le dialogue avec les acteurs de la société civile.

Citoyens, organisations (ou membres), et responsables politiques, militent pour :

Améliorer la qualité démocratique grâce :

  • 18. à la promotion de l’éthique de la délibération et de la décision, et leur mise en œuvre ;
  • 19. à des innovations permettant une représentation plus équilibrée des femmes et des hommes et de toutes les populations : droit de vote aux personnes étrangères régulièrement établies, reconnaissance du vote blanc, limitation stricte des cumuls de mandats et fonctions ;
  • 20. à la mise en place d’un meilleur contrôle citoyen sur la dépense publique ;
  • 21. à l’affectation de crédits des politiques publiques à l’expression et à l’organisation des citoyens, notamment les demandeurs d’emploi et bénéficiaires de minimas sociaux ;
  • 22. à la régulation étroite des activités financières pour les relier à leur fonction économique.

Renforcer les actions contre les inégalités, exclusions, discriminations et maltraitances :

  • 23. en fixant les règles d’un contrat fiscal juste et redistributif pour faire face aux besoins collectifs, tout en prenant en compte l’environnement concurrentiel ;
  • 24. en faisant de l’emploi de qualité pour tous, à temps choisi, une priorité nationale partagée ;
  • 25. en évaluant puis relançant les politiques d’accès de tous aux droits de tous : alimentation, logement, énergie, santé, culture, etc. ;
  • 26. en s’appuyant sur la participation et les capacités des habitants pour construire des nouvelles politiques de la ville et de la ruralité dans le cadre du développement des territoires.

Revivifier le " vivre ensemble ", notamment :

  • 27. en recherchant avec les jeunes les conditions de leur pleine participation à la société ;
  • 28. en généralisant progressivement le service civique pour qu’il s’étende peu à peu à tous les jeunes et à tous les âges ;
  • 29. en redéfinissant les finalités et les moyens d’une éducation populaire et citoyenne tout au long de la vie.

Rendre l’Union européenne plus vivante, démocratique, sociale et plus active à l’extérieur :

  • 30. en dotant le budget européen de ressources propres, afin de pouvoir développer les politiques communes internes et externes ;
  • 31. en promouvant des équilibres écologiques soutenables pour préserver la planète ;
  • 32. en intensifiant les partenariats et le co-développement avec l’Afrique et les pays du pourtour méditerranéen.

Mise en œuvre des engagements

La mise en œuvre des 32 engagements qui précèdent relève de la conscience de chacun et des orientations retenues par les organisations adhérant au Pacte civique. Toutefois, pour que les choix faits soient à la fois rigoureux et cohérents, des moyens devraient être envisagés, ils sont détaillés sur notre site Internet. Ces moyens sont souvent issus des fiches thématiques préparatoires. Ils ne sont pas exhaustifs. Ils seront affinés, amendés et complétés, notamment pour tenir compte des débats et des travaux des ateliers thématiques qui se dérouleront lors des journées de lancement du pacte civique, les 14 et 15 mai 2011.

Agir : rejoindre le Pacte civique

- Pour vous informer sur l’évolution du Pacte civique, consultez le site du collectif en cliquant ici.

- Pour vous inscrire dans la démarche cliquez ici.

- Pour toute information contacter le coordinateur : Joaquim Frager par téléphone au 01 44 07 00 06 ou par mail en cliquant ici.

 

source CDurable.info : lire cet article et plein d'autres

 

Claude Guéant annonçait fièrement le 10 janvier une nette hausse des expulsions d’étrangers, assortie d’une baisse des titres de séjour délivrés et des naturalisations accordées. Outre le fait que la politique migratoire du gouvernement est indigne et coûteuse, elle est également construite sur des manipulations de chiffres. Parce qu’elle est avant tout une politique d’affichage servant un objectif électoraliste.

Un ensemble de pratiques très douteuses visent à gonfler le nombre d’expulsions d’étrangers en situation irrégulière. Les cas entrevus au centre de rétention administrative d’Hendaye et de Perpignan, à proximité de la frontière franco-espagnole, sont édifiants. Les Pyrénées sont traversées par de nombreux citoyens latino-américains en quête d’un billet retour vers l’Amérique du Sud. « Ici, depuis plus de trois ans, on arrête des gens qui rentrent chez eux, explique Laurence Hardouin, avocate au barreau de Bayonne. En transit, certains présentent même un billet de transport de retour, mais ils viendront quand même grossir le chiffre des reconduites ! »

lire la suite de cet article sur Basta!

 

Nouveau traité européen: pas contre nous, pas sans nous! Déclaration du collectif pour un audit citoyen de la dette publique

Le sommet européen du 9 décembre a décidé d'adopter un nouveau traité européen dès le mois de mars. Ce texte exigera des États qu'ils insèrent dans leur Constitution une « règle d'or » pour la réduction de leur déficit public. En le limitant à 0,5% du PIB en temps normal, cette règle agira comme un carcan d’austérité, empêchant toute politique économique alternative.

Le projet de traité prévoit par ailleurs de durcir les règles qui figuraient déjà dans le Traité de Maastricht puis de Lisbonne, en imposant de lourdes sanctions « immédiates » et « automatiques » aux pays contrevenants. En outre, concernant le stock actuel des dettes publiques, le nouveau traité exclurait toute annulation même partielle pour les pays en difficulté, telle celle concédée récemment dans le cas de la Grèce.

Partout les citoyens, les usagers des services publics, les assurés sociaux devront payer pour rembourser les banques, même si celles-ci ont spéculé sur les obligations d’État et prêté à des taux abusifs. Alors que la dette résulte pour une large part des dérives de la finance et des cadeaux fiscaux décidés depuis vingt ans au profit des catégories aisées !

Ce traité, purement punitif, ne prévoit rien pour réduire le pouvoir de l'industrie financière ou approfondir les solidarités entre peuples européens. Il contraindrait les États à des politiques d'austérité sans limites. Le caractère de plus en plus antisocial et antidémocratique de la construction européenne suscitera des luttes sociales et citoyennes légitimes mais fera aussi le jeu des démagogues nationalistes et xénophobes.

Décidé en quelques semaines sous la pression des agences de notation, ce nouveau traité risque d'être ratifié en hâte par voie parlementaire dans le dos des peuples. Son adoption marquerait un recul décisif de la démocratie en France et en Europe. Il appartient aux mouvements sociaux européens d'empêcher ce recul en imposant un vrai débat démocratique sur la dette publique, les alternatives à l'austérité et une nouvelle construction européenne.

En France, le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique appelle tous les citoyens à se mobiliser dans leurs quartiers, leurs villages, leurs lieux de travail, pour construire ensemble ce débat. Réunions publiques, manifestations, pétitions, occupations, actions symboliques... dans les semaines qui viennent, nous devons multiplier les initiatives pour nous opposer à l'adoption de ce traité. Nous tiendrons le 14 janvier à Paris une réunion nationale des collectifs locaux pour l'audit citoyen de la dette, afin d'échanger sur nos pratiques et de coordonner nos initiatives.

Collectif pour un audit citoyen de la dette publique (www.audit-citoyen.org),

Le 21 décembre 2011


source : Attac

 

 

L'Union Européenne a lancé sa nouvelle stratégie "No Disconnect" destinée à soutenir les révolutions dans les pays sous dictature, grâce à l'utilisation du web et des nouvelles technologies. La vice-présidente de la Commission européenne Neelie Kroes a ainsi demandé lundi matin à l'ancien ministre allemand Karl-Theodor zu Guttenberg de "jouer un rôle de conseiller sur la manière de soutenir de façon permanente les utilisateurs de l'internet, les blogueurs et les cyber-militants soumis à des régimes autoritaires".

Concrètement, Bruxelles veut interdire l'exportation d'outils de surveillance vers les dictatures, comme l'avait demandé le Parlement au mois de septembre. Mais la Commission européenne veut aussi aller plus loin encore, en développant et en fournissant des "outils technologiques destinés à améliorer la protection de la vie privée et la sécurité des populations qui utilisent des TIC dans des régimes non démocratiques".

Sans donner de noms, Bruxelles indique qu'il s'agit de pays "où l'Europe s'aperçoit que le fonctionnement (d'internet) n'est pas ouvert et dynamique ou dans lesquels les violations des droits de l'homme sont criantes".

En mars dernier, lors d'une communication (.pdf) conjointe à tous les organes de l'Union, l'Europe avait déjà fait part de cette ambition, en réaction aux tentatives de certains régimes arabes d'empêcher la émeutiers de communiquer librement :

La sécurité, la stabilité et la résilience de l'internet et des autres technologies des communications électroniques constituent une des pierres angulaires de la démocratie. Il y a lieu de prévenir toute tentative arbitraire visant à empêcher les citoyens d'y accéder ou à en perturber l'accès. Les technologies de l'information, y compris l'internet, étant par nature transfrontières et interconnectées, toute intervention unilatérale d'un pays peut avoir de lourdes répercussions sur d'autres régions du globe. La Commission mettra au point des instruments permettant à l'UE, le cas échéant, d'aider les organisations de la société civile ou les simples citoyens à déjouer de telles perturbations arbitraires.

Lundi, la Commission européenne a précisé qu'elle voulait fournir "en particulier de(s) logiciels qui peuvent être installés sur un ordinateur de bureau, un ordinateur portable, un smart-phone ou tout autre appareil". Il s'agira probablement d'outils de VPN, qui permettent d'utiliser une autre adresse IP pour éviter toute identification et localisation. De leur côté, les Etats-Unis ont déjà fait connaître leur souhait de fournir une "valise internet fantôme" qui permet de déployer une connexion là où les états ont coupé l'accès à Internet.

 

Outre la fourniture de moyens technologiques, l'Europe veut également "aider les militants à exploiter au mieux des outils tels que les réseaux sociaux et les blogs, tout en leur faisant mieux prendre conscience du risque qu'ils encourent d'être surveillés lorsqu'ils utilisent les TIC pour communiquer". La Commission estime en effet que pour contourner les mesures de surveillance et de censure, il faut une "connaissance et compréhension des techniques utilisées par les régimes autoritaires pour espionner les citoyens et censurer leurs communications, ainsi que des parades appropriées à utiliser".

 

En conférence de presse lundi matin, Neelie Kroes a reconnu que les outils de surveillance utilisés étaient souvent très proches des outils utilisés en démocratie pour des applications "légitimes", comme la lutte contre le piratage. Ce qui veut dire que les outils de contournement seront également très proches...


Numerama

 

« Une carte d’identité, ce n’est pas un moyen de paiement ! Cette confusion des genres est intolérable ». Jean-Claude Vitran, de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), est très remonté contre le projet de nouvelle carte d’identité biométrique. « Nous nous battrons jusqu’au bout, avec un recours auprès du Conseil d’Etat, et auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme », prévient-il. Le 13 décembre, l’Assemblée nationale examine en deuxième lecture la proposition de loi concernant la création de la nouvelle carte d’identité biométrique, qui sera délivrée en France à partir de 2012. Pourquoi tant d’inquiétudes ? Cette carte contiendra une puce « régalienne », avec les données d’identité et les données biométriques (état civil, adresse, taille et couleur des yeux, empreintes digitales, photographie). Et une puce optionnelle, « commerciale », permettant de réaliser des signatures électroniques sur Internet, grâce à un petit boîtier relié à un ordinateur.

Suivre les citoyens à la trace ?

Une option qui présente de nombreux risques, souligne la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) [1]. De telles fonctions électroniques appellent « des garanties particulières », car mal utilisées, elles pourraient permettre de suivre le comportement des citoyens, ce qu’ils achètent, là où ils voyagent. Avec la possibilité d’exploiter des informations sur les transactions privées effectuées.

Un risque mis en avant par le socialiste Serge Blisko, lors du passage de la loi devant l’Assemblée nationale en juillet dernier : « Mettre les deux puces – régalienne et commerciale – sur la carte d’identité comporte un danger plus grave : celui de rendre possible un traçage des individus, dont nous avons un aperçu avec le passe Navigo. La RATP peut suivre tous les déplacements d’un voyageur muni d’un tel titre de transport, et elle peut communiquer ces informations à la police ou à un juge d’instruction sur réquisition judiciaire. » Le député craint un tel traçage sur Internet, cette deuxième puce étant gérée par le ministère de l’Intérieur... « Avez-vous besoin, en qualité de ministre de l’Intérieur, de connaître les habitudes d’achat et de consommation ou les allées et venues de millions de citoyens ? Nous sommes là dans un monde tel que décrit par Orwell dans 1984 », dénonce Serge Blisko. Réponse de Christian Vanneste, député UMP : « Cela n’a rien à voir avec Orwell ! L’informatique n’existait pas à l’époque ! »


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Les propagateurs de l’identité nationale veulent imposer un modèle d’assimilation qui nie les différences et appauvrit la démocratie. A l’occasion des Assises nationales de la diversité culturelle à Paris, des citoyens, élus ou associations ont rappelé le besoin indispensable de construire une société interculturelle. Il est temps d’apprendre à vivre « unis et divers ». Comme il est urgent que les responsables politiques cessent de stigmatiser telle religion ou telle culture.

Notre société a connu en un demi-siècle une mutation sociétale et économique inédite. La cohésion sociale fondée sur des siècles d’Histoire et de valeurs nationales, religieuses et identitaires collectives a été balayée par un individualisme forcené, porté par un libéralisme réduit à sa plus simple expression, la consommation. Aujourd’hui, face au désarroi de la crise économique et dans une société morcelée, la tentation est générale d’en faire porter l’échec sur l’étranger, sa religion, sa culture. Or, ces populations et leurs cultures issues d’Orient, d’Asie, d’Afrique… sont désormais partie intégrante de la société française et de son Histoire. Elles doivent être pleinement actrices de la construction du vivre-ensemble de nos sociétés du XXIe siècle.

Pourtant, au lieu d’être considérés comme une chance pour construire une société de solidarité, les femmes et les hommes porteurs des cultures du monde qui habitent depuis des décennies en France sont de plus en plus dénoncés comme des obstacles à la vie commune. L’obsession d’une identité nationale pétrifiée dans une Histoire plus mythique que réelle impose à tous un modèle d’assimilation qui nie les différences et appauvrit la démocratie.

Au lieu d’unir les citoyens pour vaincre ensemble les défis vitaux qui permettent l’accès de tous à une vie digne, de plus en plus de discours et de pratiques, en France et en Europe, alimentent les peurs et agitent le spectre d’une menace provenant de l’étranger et des personnes de cultures et de religions autres que celles qui ont dominé et dominent encore le Vieux Continent.

Les propagateurs de ces discours font des différences culturelles et religieuses des obstacles indépassables à la construction de la Cité et de la démocratie. Ils jettent la vindicte sur des boucs émissaires, notamment les musulmans ou encore les Roms, bafouent le devoir d’accueil inconditionnel de l’immigré, se servent de la détresse sociale, des difficultés du vivre-ensemble qui touche l’ensemble de la société, réduisent les personnes à leur appartenance communautaire ou religieuse, pour prôner le rejet de l’autre et laisser libre cours à la xénophobie, au racisme et à la discrimination.

Le développement de ces logiques de rejet fait courir des risques graves à la démocratie. Nous, citoyens, associations, médias, réunis dans ces Assises pour une société interculturelle, refusons de toutes nos forces ces dérives au moment où s’annoncent les élections présidentielle et législatives.

Nous nous devons de résister à la propagation de la peur et de la défiance. Nous nous appuyons pour cela sur les ressources et les initiatives développées par les citoyens, de multiples associations et des collectivités territoriales pour inventer une société interculturelle. Beaucoup font déjà l’expérience de manières fraternelles de vivre ensemble, qui répondent à la quête de justice et de dignité sans abolir les différences, sans nier les ressemblances et en augmentant les capacités d’être de chacun.

Nous ne voulons pas d’une société où chacun est sommé de nier ses multiples appartenances culturelles, ethniques, religieuses, spirituelles, pour se conformer à un moule républicain, qui, dans ce cas, nie ou réduit la singularité de chacun. Nous ne voulons pas plus d’une société qui soit l’addition de communautés repliées sur elles-mêmes, qui enferment chacun dans une partie de son identité et ne cherchent pas à construire avec d’autres un espace commun à tous les citoyens. Nous voulons d’une laïcité qui, pleinement dans l’esprit de la loi de 1905, garantisse et permette la liberté de conscience et le libre exercice des cultes – et des cultures.

Nous croyons fermement qu’une société interculturelle est possible. En cette période de grande dépression économique et d’extrême fragilité sociale, nous croyons vivement qu’il est indispensable et vital de s’attacher dès aujourd’hui à sa construction pour éviter l’implosion de notre société et les replis communautaires destructeurs de la cohésion sociale.

Citoyens, politiques, associations, institutions, nous nous devons de construire un vivre-ensemble durable donc interculturel ! Il est temps d’apprendre à vivre « unis et divers » pour témoigner que notre commune humanité est une espérance.

Aussi, forts de nos expériences et de nos convictions, nous demandons aux responsables politiques de mettre définitivement fin dans leurs discours et leurs pratiques aux arguments désignant une religion, une communauté ethnique ou culturelle comme la cause des problèmes de la France et de l’Europe.

Nous exigeons que soient mises en place des politiques d’accueil respectueux des droits des migrants et que cessent les véritables chasses à l’homme auxquelles se livrent les forces de l’ordre pour atteindre ses objectifs d’expulsion des étrangers en situation irrégulière.

Nous demandons que cesse la mise à l’écart du travail d’une partie de la population du fait de son appartenance ethnique ou de son lieu d’habitation et que les personnes de nationalité étrangère, quel que soit leur pays d’origine, bénéficient du droit de vote aux élections locales dans les mêmes conditions que les citoyens de l’Union européenne à qui ce droit est déjà octroyé.

Enfin, nous demandons la mise en valeur, la mutualisation et l’accompagnement des expériences qui construisent un véritable vivre-ensemble interculturel, notamment dans les quartiers populaires, afin qu’elles servent de références aux politiques publiques dans ce domaine ; et nous proposons que l’école soit, dans un esprit de laïcité ouverte comme l’insuffle la loi de 1905, un lieu de connaissance des différentes cultures et religions du monde et un espace d’éducation au vivre-ensemble.

Pour signer l’appel, cliquez ici

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À la différence des pratiques économiques en cours, spéculatives et déconnectées de l’économie réelle, Énergie Partage Investissement, outil de financement solidaire, permet de mutualiser nos ressources financières pour des projets de différentes tailles, de différentes technologies (biomasse, hydraulique, solaire, éolien) et sur différents territoires, tout en offrant aux investisseurs la possibilité d’affecter leur souscription au projet de leur choix.

Accélérer la rencontre entre les énergies renouvelables et les citoyens

Géré par la Nef, Enercoop, Solira Développement et porté par une vingtaine d’organisations (Crédit Coopératif, CLER, Éoliennes en Pays de Vilaine, ALE08, Hespul, Indiggo, ...) Énergie Partage Investissement a reçu le Visa de l’Autorité des Marchés Financiers pour collecter l’épargne locale des particuliers et des organisations et agir en tant que levier dans le financement de projets locaux et citoyens de production d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique (Visa AMF n° 11-417). Acteurs de terrain, les initiateurs du projet ont créé deux outils complémentaires propres à assurer ces engagements : une association et un outil financier comme le montre le schéma ci-dessous :

Schéma du mouvement Energie Partagée

L’association Énergie Partagée porte les orientations stratégiques et l’animation du réseau lié au mouvement Énergie Partagée. Elle regroupe des personnes morales uniquement, visant à rassembler des groupes et structures professionnels, publics ou privés, et/ou militants autour du développement citoyen de la production des énergies renouvelables. Votre structure souhaite rejoindre l’association ? Cliquez ici.

Énergie Partagée Investissement est une Société en commandite par actions (SCA), statut déjà utilisé par des acteurs de la finance solidaire comme Terre de Liens ou Habitat et Humanisme. Ce type de société est l’un des rares en France qui permette de communiquer à grande échelle et de rassembler des milliers d’investisseurs, et permettre ainsi à une large palette d’acteurs d’investir dans les énergies renouvelables. Une SCA est en effet habilitée à lancer une Offre au Public de Titres Financiers (OPTF, anciennement Appel Public à l’Épargne). La responsabilité des actionnaires est limitée au montant de leurs apports. Ce statut permet aussi de séparer le pouvoir de l’argent et le pouvoir de gestion au sein de la société. Les commanditaires (les investisseurs) confient au commandité la gestion du capital, ce qui permet donc d’éviter certaines dérives d’un mode de gestion capitalistique où le pouvoir d’orientation d’une société peut se retrouver confisqué par les quelques investisseurs détenteurs d’une majorité d’actions.

SCA Énergie Partagée Investissement : structure et gouvernance

Investir dans la transition énergétique

100 € une action : c’est le moment d’investir pour la transition énergétique

L’offre au public de titres financiers (anciennement nommée « appel public à l’épargne ») proposée par Énergie Partagée s’inscrit dans la logique de l’économie solidaire [1] et non spéculative, et concerne les projets citoyens dont l’éthique répond aux critères de la Charte Énergie Partagée, un texte fondateur qui définit la vision, la mission et les engagements du mouvement que vous pouvez télécharger en cliquant ici.

Énergie Partagée Investissement est donc un outil au service des acteurs locaux qui souhaitent une contribution pour le financement de leurs projets citoyens de production d’énergie renouvelable et d’économie d’énergie. Cette offre s’adresse à tous, particuliers et personnes morales.

  • Vous pouvez prendre connaissance du prospectus qui détaille les conditions d’un investissement dans Energie Partagée Investissement en cliquant ici. Pour plus de précisions, vous pouvez également vous référer aux documents annexes en cliquant ici.


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"joindre l’utile au durable" .

Créé par Marlène MARINO et François RACLE, Le Chéquier Vert® est un chèque cadeau dédié aux produits et services éco-labellisés. "L’idée nous est venue en 2007, raconte François Racle. On faisait du conseil aux entreprises et beaucoup nous disait : "On ne sait pas comment mener des actions de développement durable auprès de nos salariés". D’un autre côté, on savait que le prix et le manque d’information étaient un frein à la consommation responsable. On a alors pensé aux chèques cadeaux distribués notamment par les comités d’entreprise." Trois ans plus tard, le chéquier vert est né.

Un chèque cadeau pour devenir acteur du développement durable

Un large panel d’utilisation

Valable sur des milliers de produits dans des domaines aussi variés que l’alimentaire, l’habillement, les déplacements ou les loisirs, il s’appuie sur un réseau de partenaires développé au niveau national (commerces de proximité, prestataires de services et sites Internet). Une idée de cadeau original pour faire plaisir à ses proches, dans le respect de l’environnement et de leur santé. Parrainer une ruche, conduire un vélo rail, s’initier à l’éco conduite, installer un mini-composteur d’intérieur, passer la nuit dans une cabane perchée dans les arbres, ou tout simplement découvrir le magasin spécialisé au coin de la rue, autant que possibilités d’utilisation du Chéquier Vert®.

Initier un cercle vertueux

Pouvoir d'achat, clarification de l'offre, découverte de nouveaux usages... Parce qu'il stimule la demande en produits et services plus respectueux de la santé et de l'environnement, Le Chéquier Vert® profite à l'ensemble des acteurs de l'économie durable. Pour progresser, ensemble.

Le Chéquier Vert® est un outil coopératif ; en plus des avantages habituels du bon d’achat (choix du cadeau par le bénéficiaire, découverte de nouveaux produits), il est bénéfique pour tous (commerçants, citoyens, entreprises et organisations...) et bien entendu pour la planète. Entre les mains des citoyens, Le Chéquier Vert® est le point de départ d’un cercle vertueux auquel chacun peut participer.

Le coup de pouce pour passer au vert

Avec la commercialisation de ses chèques cadeaux, Le Chéquier Vert® a pour objectif de faire basculer les consommateurs non-initiés vers la consommation responsable. Ainsi, à l’intérieur de chaque chéquier cadeau, une brochure instructive donne des informations sur les écolabels, une manière de mettre la consommation responsable à la portée de tous. Avantage non négligeable, lorsque le Chéquier Vert est offert par une entreprise, un comité d’entreprise, ou une collectivité, il est exonéré de cotisations sociales, salariales et patronales (lettre circulaire Acoss 2011).

Comment se le procurer

- Rendez-vous sur le site Internet du Chéquier Vert® en cliquant ici.
- Par mail en cliquant ici.
- Par téléphone au 04 88 78 21 78.

 


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Le 10 novembre 2011,

Paris, le 10 novembre 2011 – Une marche-vélo-caravane des militants anti-incinération a entrepris depuis le 6 novembre de rallier Paris depuis Clermont-Ferrand (63) en passant par Bayet, Fourchambault, Gien et Nemours. Toutes ces villes situées sur le parcours ont en commun d’être touchées directement par une usine d’incinération, en construction pour la première et en fonctionnement pour les quatre autres. Le cortège rejoindra le 12 novembre, aux portes de Paris, celui en provenance de Notre-Dame-des-Landes (44) formé en réaction au projet de construction d’un aéroport, pour porter un message commun jusque devant le Sénat : stop à l’emprise des lobbies industriels sur les décisions publiques.

Le Cniid soutient cette initiative et se joindra aux manifestants pour pointer du doigt, à l’instar du constat récemment dressé par la Cour des Comptes, la privatisation du service public de gestion des déchets et ses effets pervers. En France, le secteur des déchets est en effet aujourd’hui contrôlé par de grands groupes : dans le secteur de l’incinération, Novergie (filiale de Suez), Veolia Propreté et TIRU (filiale d’EDF, mais aussi de Veolia et Suez) contrôlent près de 80% du marché. Victime de cette situation oligopolistique et de la mainmise des entreprises privées sur ces technologies coûteuses et polluantes, la France n’a pas été en mesure de s’engager dans une politique nouvelle de gestion des déchets, plus respectueuse de l’environnement et moins coûteuse pour les citoyens.

«  Si la primauté est redonnée à l’intérêt collectif et à la protection de l’environnement, la France n’aura d’autre choix que de sortir de la mainmise historique de l’industrie de l’incinération sur notre gestion des déchets » explique Delphine Lévi Alvarès, chargée de Campagne « incinération et mise en décharge » au Cniid. A quelques mois des élections présidentielles, les citoyens viendront le rappeler à nos hommes politiques.

Contact :
Delphine LÉVI ALVARÈS
Chargée de campagne « Incinération et mise en décharge »
delphine@cniid.org
01 55 78 28 60


aller sur le site du Cniid

 
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