capital

Dans un contexte de crise, l’influence grandissante de la banque dans les capitales européennes inspire de plus en plus la méfiance. Et pour cause. Goldman Sachs est depuis longtemps au chevet des Grecs, rappelle Pierric Marissal dans L’HUMANITÉ : "Goldman Sachs arrive en 2001 à Athènes avec dans sa mallette quelques produits financiers pas très clairs pour bidouiller la dette du pays, un peu trop lourde pour permettre son entrée dans la zone euro. La « banque conseil » va vendre sur les marchés de la dette grecque en euros et en dollars, puis faire bouger unilatéralement la parité du taux de change pour faire changer la valeur de la dette, faisant temporairement disparaître quelques milliards dans la manipulation (c’est du swap de devises dans le jargon banquier)". Et qui est à cette époque chargé de vendre ce produit financier ? Le vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe entre 2002 et 2005, un certain Mario Draghi...

Pierric Marissal poursuit : "Autre petit arrangement avec la réalité, Goldman Sachs inscrit dans le bilan comptable du pays des recettes à venir, pour faire baisser le poids de la dette sur le PIB. D’où l’expression couramment utilisée de falsification des comptes grecs. En 2009, la situation empire pour la Grèce, la crainte de faillite menace. Le gouvernement de Papandréou rappelle Goldman Sachs à l’aide, pour 300 millions de dollars de commission. Son rôle : rassurer les acheteurs d’obligations grecques pour que le pays puisse continuer à s’endetter sur les marchés. Ce qui n’empêche pas dans le même temps la banque de spéculer sur le défaut de la Grèce, le pays qu’elle est censée conseiller… En achetant et conseillant à ses clients des CDS, des crédits de défauts sur la dette grecque. Et en spéculant sur la dette, Goldman Sachs a participé à la hausse des taux d’intérêts et mis le pays qu’elle devait aider à genoux. La banque y a gagné gros sur les deux tableaux, on comprend bien pourquoi l’instabilité des dettes les intéresse. Et que fait la Grèce pour sortir du marasme ? Elle nomme Lucas Papademos Premier ministre". [1]

Le journaliste Marc ROCHE dans LE MONDE précise : "Lucas Papadémos fut gouverneur de la Banque centrale hellénique entre 1994 et 2002, a participé à ce titre à l’opération de trucage des comptes perpétré par Goldman Sachs. Le gestionnaire de la dette grecque est d’ailleurs un certain Petros Christodoulos, un ex-trader de la firme". Quant à la nomination de Mario Monti, Marc Roche, également auteur de "La Banque : comment Goldman Sachs dirige le monde", tempère : "Monti est un animal différent. Il fait partie des conseillers internationaux de Goldman Sachs. C’est un ouvreur de portes. Ils utilisent Monti, qui ne fait rien d’illégal, pour défendre leurs intérêts mais ça pose des problèmes éthiques."

Le cas Monti n’est pas isolé. Ancien commissaire européen au Marché intérieur, puis à la Concurrence, l’Italien a précisément le profil dont raffole Goldman Sachs. Marc Roche précise : "Alors que les banques françaises recrutent dans leurs conseils d’administration d’anciens diplomates qui connaissent les régions où elles opèrent ou d’anciens dirigeants de grandes institutions internationales, chez Goldman Sachs, plus que toute autre banque, on vise deux profils : les anciens banquiers centraux ou responsables du Trésor et les anciens commissaires européens." Sont également des anciens de Goldman Sachs, selon RUE 89 :

  • Otmar Issing, Allemand,ex-président de la Bundesbank (1990-1998) et ancien "chief economist" à la BCE (1998-2006). Un homme bien sous tous rapports, qui continue de publier des tribunes en tant qu’ex-BCE, en omettant son appartenance à Goldman Sachs, depuis 2006.
  • Ex-président de Goldman Sachs International dont il est resté l’un des administrateurs, l’Irlandais Peter Sutherland, ancien commissaire européen à la concurrence, est aussi directeur non exécutif de la Royal Bank of Scotland, qui a fait faillite l’an dernier. Et il continue de jouer un rôle crucial dans la crise irlandaise.
  • Le portugais Antonio Borges dirige le département Europe du Fonds monétaire international (FMI). De 2000 à 2008, il fut dirigeant de Goldman Sachs International.
  • Sans parler des Américains : L’actuel Président de la Banque mondiale, l’américain Robert Zoellick, fait lui aussi partie de la grande famille des anciens de Goldman Sachs. Henry Paulson et Robert Rubin, anciens secrétaires d’Etat au Trésor, Jon Corzine, responsable de la chute de MF Global, William Dudley, président de la Fed de New York, et à la Maison Blanche, les bureaux qui n’hébergent pas d’anciens de Goldman Sachs se font plutôt rares...

Quels intérêts défendent les anciens de Goldman Sachs lorsqu’ils sont aux affaires ? Ceux des citoyens ou de leur maison-mère ? "Tous les gens de Goldman Sachs que j’ai rencontrés restent très liés à la banque", note Marc Roche. Faut-il pour autant croire aux théories conspirationnistes ? Non, répond encore Marc Roche : "Il ne faut pas tomber là-dedans. Leurs réseaux ne peuvent pas tout faire, l’efficacité de ce réseau est moindre aujourd’hui. Et Mario Monti, comme Draghi, sont surveillés par la presse, les députés et les ONG". "On espère que Monti, Papademos et les autres ont coupé le cordon avec leur ancienne entreprise. Parce qu’il n’est pas certain que l’intérêt de la haute finance serve le bonheur des peuples. Avec le peu d’argent qui nous reste, on parierait même volontiers le contraire", conclut Gilles DEBERNARDI dans les colonnes du DAUPHINE LIBERE.

L’empire Sachs : un siècle de crises

Créé en 1889, Goldman Sachs appelé également GS ou encore THE FIRM, réalise en 2011 un chiffre d’affaires approchant les 30 milliards de dollars pour un effectif supérieur à 30 000 collaborateurs. L’histoire de la banque d’investissement (au slogan "Les intérêts de nos clients avant tout" sic) est marquée par des scandales à répétitions que WIKIPEDIA énumère :

- Le 4 décembre 1928, la compagnie crée le Goldman Sachs Trading Corp., une société d’investissement à capital fixe avec des propriétés similaires à celle d’une chaîne de Ponzi. La société échoue à la suite du Krach de 1929, nuisant à la réputation de la firme pour plusieurs années.

- Une autre crise financière pour la firme s’est produite en 1970, quand la Penn Central Transportation Company a fait faillite avec plus de 80 millions de dollars en papier commercial en circulation, la plupart émis par Goldman Sachs. La faillite était de grande ampleur, et les poursuites en découlant ont menacé le capital du partenariat et la vie de l’entreprise. C’est cette faillite qui a entraîné la création de notations de crédit pour chaque émetteur de papier commercial aujourd’hui émises par plusieurs services de notation de crédit.

- GS est critiquée lors de la crise financière russe de 1998, conseillant la Russie tout en spéculant contre sa capacité à payer sa dette.

- Le 21 septembre 2008, en raison des pertes considérables subies par leurs implications dans la crise des subprimes, le groupe demande et reçoit l’approbation de la Réserve Fédérale (Fed) pour un changement de statut : de banque d’investissement (investment bank) elle devient la quatrième holding company du pays. Le groupe peut alors bénéficier des nouvelles liquidités de la Réserve Fédérale débloquées par le plan Paulson. Puisque Henry Paulson est un ancien président et directeur de la banque Goldman Sachs, des critiques soulèvent qu’il y a un possible conflit d’intérêts. Ce sauvetage semble ne pas être sans contreparties : le capital de Goldman Sachs change de mains. Ainsi, Warren Buffett entre officiellement dans le capital de la banque en injectant 5 milliards de dollars.

- Goldman Sachs a reçu, à l’automne 2008, près de 13 milliards de dollars que lui devait American International Group, qui lui-même a été renfloué par la Fed.

- En juillet 2009, le magazine américain Rolling Stone publie un article de l’écrivain politique Matt Taibbi où ce dernier accuse Goldman Sachs d’avoir provoqué la plupart des « manipulations de marché » ou bulles, lors de ces 80 dernières années.

- En février 2010, le New York Times affirme que GS porte une responsabilité directe dans l’aggravation de la crise de la dette publique grecque. Elle aurait aidé le gouvernement grec à camoufler sa dette grâce à des outils financiers qui lui auraient permis de dissimuler ses transactions tout en renflouant ses comptes avec l’aide d’autres banques américaines. Goldman Sachs en aurait tiré 300 millions de dollars de bénéfices.

- En avril 2010, la Securities and Exchange Commission poursuit Goldman Sachs et Fabrice Tourre, un de ses vice-présidents, pour fraude dans les événements entourant la crise des subprimes, « une affaire qui pourrait avoir coûté plus d’un milliard de dollars aux investisseurs ». Le 15 juillet 2010, la société a décidé de verser 550 millions USD pour mettre fin à la poursuite.

- En mai 2010, le Département de la Justice des États-Unis « a ouvert une enquête pénale sur Goldman Sachs au sujet de vente de titres adossés à des crédits hypothécaires à risque ».

- Le 2 septembre 2011, le gouvernement des États-Unis entame des poursuites judiciaires contre Goldman Sachs pour son rôle dans la crise des subprimes. Pour se remettre en mémoire la façon dont marchent ces produits (toxiques), cette petite vidéo pédagogique et ludique, coproduite par Rue89 :

- En octobre 2011, La Tribune publie un article dans lequel elle soupçonne Goldman Sachs ainsi que d’autres gros acteurs du marché des matières premières de créer artificiellement, avec la complicité du London Metal Exchange, une pénurie de zinc et d’aluminium et ainsi spéculer à la hausse sur les cours...

- Enfin une petite anecdote qui résume finalement assez bien l’esprit de la banque : elle a publié, fin 2010, un guide destiné à montrer aux chercheurs d’emploi comment "bluffer" les recruteurs lors d’un entretien d’embauche ...

DOC : Les nouveaux maîtres du monde

Comment Goldman Sachs, petite maison de courtage fondée en 1869 par un immigré allemand, est-elle devenue la banque d’affaires la plus puissante du monde ? Canal+ vient de diffuser Goldman Sachs - Les nouveaux maîtres du monde, un documentaire de Jean-Luc LEON :

Pour en savoir plus

Une solution : LIRE les ouvrages de Marc Roche.

- Dans LA BANQUE, Marc Roche dévoile toute la stratégie de Goldman Sachs, la Banque d’affaires la plus puissante du monde. Le livre (prix du livre d’économie 2010) vient d’être publié au format poche chez Points.
- Dans LE CAPITALISME HORS LA LOI récemment publié chez Albin Michel, Marc Roche nous révèle avec effarement les dérives d’un système qui a échappé à tout contrôle. Ce système retient en otages Etats et consommateurs, sans parler des salariés et des petits actionnaires. Entre contournement massif des règles par le "hors-bilan" et paradis fiscaux, les interdits ont explosé. Une extraordinaire enquête, de Paris à Hong Kong, de Genève à Washington, aux conclusions inquiétantes.

 

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Préserver le capital naturel

Engagement fort du Grenelle de l’environnement, la Trame verte et bleue (TVB) est un outil d’aménagement du territoire, destiné à concilier la préservation de la nature et le développement des activités humaines. La biodiversité, remarquable ou ordinaire, sera désormais intégrée dans les décisions d’aménagement. Ce dispositif vise à améliorer le fonctionnement écologique du territoire français en permettant aux espèces animales et végétales de mieux communiquer, circuler, s’alimenter, se reproduire et se reposer, afin que leur survie soit garantie.

Selon le Ministère de l’Ecologie, la démarche Trame verte et bleue va permettre d’identifier, d’ici 2012, un réseau de continuités écologiques dans les milieux terrestres (trame verte) et aquatiques (trame bleue) pour le préserver d’une part ou le remettre en état le cas échéant. Les espèces ont besoin de différents espaces pour pouvoir accomplir l’ensemble de leur cycle de vie (alimentation, reproduction, repos). Ces espaces qui constituent des réservoirs de biodiversité, sont plus ou moins proches ou éloignés et doivent pouvoir être reliés afin de permettre aux espèces de passer de l’un à l’autre. Les zones utilisées par les individus pour se déplacer d’un réservoir de biodiversité à l’autre sont appelées corridors écologiques. Ces corridors permettent notamment de répondre aux besoins de dispersion d’une espèce (recherche de nouveaux territoires, de nouveaux partenaires…). La Trame verte et bleue s’inscrit dans le nouveau plan stratégique de la convention internationale sur la diversité biologique adopté au Sommet de Nagoya en 2010, dont la Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2010 (SNB) (présentée le 19 mai 2011) est la déclinaison française.

"L’économie repose largement sur ce que la nature met à notre disposition (eau, alimentation, sols riches en humus…) et sur les services que les écosystèmes nous rendent (pollinisation, fertilisation des sols…). Le capital naturel est donc aussi un capital économique. Mettre en place la trame verte et bleue contribue à préserver ce capital naturel mais également à offrir un cadre de vie attrayant pour les populations et un environnement favorable au développement des activités économiques et touristiques", a rappelé Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les ministres ont également salué l’implication des acteurs (collectivités, associations, entreprises, établissements publics, parcs naturels régionaux…) qui s’investissent depuis plusieurs années déjà sur le terrain à l’image de l’agglomération Nantes Métropole :

Le Comité national

Prévu par la loi Grenelle et présidé par Jérôme Bignon, député de la Somme, appuyé par deux vice-présidents : le président de l’Assemblée permanente des Chambres d’Agriculture et le président de France Nature Environnement, le Comité national a pour mission de garantir la cohérence de la mise en place de la Trame verte et bleue sur l’ensemble du territoire.

Des comités régionaux

L’élaboration des schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE) est engagée sur tout le territoire métropolitain à des stades d’avancement variés. De nombreuses initiatives ont été engagées à différentes échelles avant le Grenelle : la région Nord-Pas-de-Calais s’est investie sur le sujet des continuités écologiques depuis 1992 (de même que par la suite l’Alsace, Rhône-Alpes ou l’Ile-de-France), le Conseil Général de l’Isère a établi son réseau écologique départemental en 2001, de nombreuses collectivités ont intégré les enjeux de continuités écologiques dans leur Schéma de cohérence territoriale (ScoT) ou Plan local d’urbanisme (PLU), de même que les Parcs Naturels Régionaux dans leur charte. Le Grenelle a eu un véritable effet amplificateur auprès de l’ensemble des acteurs du territoire, et rares sont les documents d’urbanisme en cours d’élaboration ou de révision qui ne s’attachent pas à ce sujet. La loi Grenelle II prévoit la création de comités régionaux dans chaque région pour accompagner la mise en place de la trame verte et bleue au niveau local. Ces comités régionaux, composés de cinq collèges en miroir du comité national, seront associés par le préfet de région et le président du Conseil régional à l’élaboration du schéma régional de cohérence écologique (SRCE) [1].

Mise en place d’un centre de ressources

Afin de faciliter le travail des acteurs concernés, un centre de ressources dédié à la Trame verte et bleue vient d’être créé. Actualités, recensement et valorisation des initiatives, retours d’expériences, mutualisation des connaissances… le centre de ressources, accessible en ligne depuis le 18 octobre, est conçu comme une véritable boîte à outils pour fournir un soutien méthodologique aux professionnels et aux acteurs. Le centre de ressources est animé par l’Atelier technique des espaces naturels (ATEN), la Fédération des PNR de France (FPNRF), le Cemagref, le Museum national d’Histoire naturelle (MNHN) et l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA).

Liens utiles

Les trois guides du COMOP Trame verte et bleue


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Nous sommes 2 citoyens responsables, entrepreneurs humanistes, qui intervenons dans le champs de l'économie sociale et solidaire.

Notre objectif est d'ouvrir le champs des possibles.

Nous avons créer ce site pour valoriser des structures qui oeuvrent chaque jour pour une plus grande responsabilité sociétale.

Nous souhaitons participer, en informant le grand public, au développement d'une autre économie, celle de l'Homme plutôt que du capital !


 

 

Chercheur et enseignant en sociologie urbaine, Jean-Pierre Garnier est l'auteur de plusieurs livres sur la politique urbaine. Dernier titre paru : Une violence éminemment contemporaine : essai sur la ville, la petite bourgeoisie intellectuelle et l'effacement des classes populaires (Agone, 2010).

Synthèse de quarante ans d'observation des réalités urbaines et d'analyse critique des discours dont elles font l'objet, ce recueil montre comment la gestion politique des villes nourrit les appétits économiques de la bourgeoisie désormais « mondialisée » et les aspirations culturelles des néo-petits bourgeois. D'un côté, des espaces « requalifiés » réservés aux gens de qualité, et de l'autre des couches populaires reléguées à la périphérie.

« Violences urbaines », « crise du logement », « relégation » et « gentrification » sont autant de symptômes dont le « traitement », de plus en plus sécuritaire, est voué à l'échec. Du moins tant qu'on se refusera à reconnaître la nature du conflit fondamental qui oppose les citadins ordinaires à ceux pour qui l'espace urbain est une source de profit, sinon de valorisation de leur capital culturel par la colonisation des quartiers populaires bien situés. Et tant qu'on voudra donner l'illusion qu'on peut réconcilier par magie les contraires au moyen d'arguties et d'innovations langagières, violence symbolique ne faisant que redoubler celle, bien réelle, qui s'exerce sur les dépossédés du droit à la ville, plus nombreux que jamais.

Buffet convivial
Participation : 5 €, réservation indispensable

Source : http://www.mediatheque-portdebouc.com/

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