Jeudi, 19 Janvier 2012
Les Nouveaux Riches
En effet, si 7 français sur 10 souhaitent que l’égalité femmes / hommes soit au cœur du débat présidentiel, une majorité de Français (84%) reconnaît véhiculer malgré elle des stéréotypes sexistes. C’est ce qu’indique un récent sondage Mediaprism réalisé pour le Laboratoire auprès de 3000 personnes.

Une femme littéralement écrasée par un collègue homme sur son siège au travail, avec une interrogation : "les femmes, on continue à s’asseoir dessus ou on change pour de bon ?". Une autre chez elle, un enfant dans les bras et trois autres en arrière plan, avec un petit texte : "Mercredi 15h. Papa travaille. Maman est en RTT. Qui a parlé d’égalité ?". Un homme assis sur un aspirateur : "80% de l’activité domestique repose sur les femmes. Courage Messieurs". Ces trois visuels font partie des cinq de la campagne lancée ce mardi par l’association Laboratoire de l’Egalité pour sensibiliser les Français sur le fait que les femmes "sont actuellement invisibles dans la société" et lutter contre les propos et les pratiques sexistes. Découvrez la campagne d’affichage :
Parallèlement à ces affiches, un spot télé sera aussi diffusé à la télévision :
Consultez le mini-site dédié à cette campagne en cliquant ici.
Le pacte pour l’égalité

Chaque citoyen est invité à signer le "pacte pour l’égalité". Proposé à la signature des candidats à la présidentielle, il décline en quatre thématiques des mesures emblématiques, parmi lesquelles :
1. Sur la parité et l’accès des femmes aux responsabilités, le Laboratoire de l’Égalité demande de :
- réserver le financement aux partis qui présentent 50% de candidates aux élections ;
- légiférer sur la parité dans toutes les instances de décision publiques et privées.
2. Sur l’égalité salariale et la lutte contre la précarité dans le travail, le Laboratoire de l’Égalité demande de :
- faire appliquer les lois sur l’égalité professionnelle assorties de sanctions financières ;
- pénaliser le recours au temps partiel subi.
3. Sur la valorisation de l’implication des pères et la conciliation des temps de vie, le Laboratoire de l’Égalité demande de :
- allonger le congé paternité ;
- créer 500 000 places d’accueil de jeunes enfants.
4. Sur le partage d’une culture de l’égalité, le Laboratoire de l’Égalité demande de :
- lutter contre les stéréotypes sexistes dès le plus jeune âge et former le personnel éducatif ;
- lancer une campagne d’intérêt général sur la lutte contre les stéréotypes de genre.
Pour découvrir les 20 propositions, télécharger le Pacte de l’Egalité en cliquant ici.
Pour signer le pacte, cliquez ici.
Le Laboratoire de l’égalité
Pour obtenir sans plus attendre la mise en oeuvre effective de l’égalité de traitement dans tous les secteurs de la vie économique et à tous les niveaux de décision, un groupe de femmes et d’hommes de différentes sensibilités politiques, exerçant des responsabilités dans la vie économique, sociale, universitaire, associative, ont créé en 2010 le Laboratoire de l’égalité. L’expertise et l’influence des membres fondateurs et du comité d’orientation, ainsi que des réseaux publics et privés dont ils sont parties prenantes, constituent un des atouts de l’association.
Le conseil d’administration du Laboratoire de l’égalité
Frédérique Agnès (PDG de Mediaprism), Pascal Bernard (directeur des ressources humaines et des affaires générales de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France, vice-président de l’Association nationale des DRH), Patrick Boccard (consultant), Armelle Carminati (Human Capital & Diversity Managing Director et vice-présidente Engagement & Diversité, Accenture Monde et France, présidente du réseau Accent sur elles), Cécile Daumas (journaliste à Libération), Caroline de Haas (porte-parole d’Osez le féminisme) Laurent Depond (vice-président diversité du groupe France Télécom-Orange), François Fatoux, Corinne Hirsch (déléguée générale de la Fondation des femmes pour la Méditerranée), Dominique Méda (sociologue), Sabine Salmon (présidente de Femmes solidaires), Catherine Tripon (porte-parole de L’Autre Cercle), Olga Trostiansky (présidente de la CLEF - Coordination française pour le lobby européen des femmes).
Le comité d’orientation du Laboratoire de l’égalité
Abdel Aïssou (vice-président de Randstad France), Jérôme Ballarin (président de l’Observatoire de la parentalité en entreprise), Christian Baudelot (sociologue), Marie-Line Brugidou (syndicaliste), Pascal Charvet, Mercedes Erra (présidente de BETC Euro RSCG), Jeanne Fagnani (sociologue), Marie-Laure Fagès (politologue), Eric Fassin (sociologue), Geneviève Fraisse (philosophe et historienne), Sylviane Giampino (psychanalyste et psychologue), Sihem Habchi (présidente de Ni putes ni soumises), Françoise Héritier (anthropologue), Maryse Huet (vice-présidente d’Arborus), Laurence Laigo (syndicaliste), Marie-Thérèse Lanquetin (juriste), Jacqueline Laufer (sociologue), Margaret Maruani (sociologue), Françoise Milewski (économiste), Michel Miné (juriste), Janine Mossuz-Lavau (politologue), Béatrice Ouin (syndicaliste, membre du Conseil économique et social européen), Rachel Silvera (économiste), Mariette Sineau (politologue), Serge Tisseron (psychiatre et psychanalyste), Catherine Vidal (neurobiologiste).
source CDurable.info : lire cet article et plein d'autres
Mardi, 13 Décembre 2011
Les Nouveaux Riches

L'Union Européenne a lancé sa nouvelle stratégie "No Disconnect" destinée à soutenir les révolutions dans les pays sous dictature, grâce à l'utilisation du web et des nouvelles technologies. La vice-présidente de la Commission européenne Neelie Kroes a ainsi demandé lundi matin à l'ancien ministre allemand Karl-Theodor zu Guttenberg de "jouer un rôle de conseiller sur la manière de soutenir de façon permanente les utilisateurs de l'internet, les blogueurs et les cyber-militants soumis à des régimes autoritaires".
Concrètement, Bruxelles veut interdire l'exportation d'outils de surveillance vers les dictatures, comme l'avait demandé le Parlement au mois de septembre. Mais la Commission européenne veut aussi aller plus loin encore, en développant et en fournissant des "outils technologiques destinés à améliorer la protection de la vie privée et la sécurité des populations qui utilisent des TIC dans des régimes non démocratiques".
Sans donner de noms, Bruxelles indique qu'il s'agit de pays "où l'Europe s'aperçoit que le fonctionnement (d'internet) n'est pas ouvert et dynamique ou dans lesquels les violations des droits de l'homme sont criantes".
En mars dernier, lors d'une communication (.pdf) conjointe à tous les organes de l'Union, l'Europe avait déjà fait part de cette ambition, en réaction aux tentatives de certains régimes arabes d'empêcher la émeutiers de communiquer librement :
La sécurité, la stabilité et la résilience de l'internet et des autres technologies des communications électroniques constituent une des pierres angulaires de la démocratie. Il y a lieu de prévenir toute tentative arbitraire visant à empêcher les citoyens d'y accéder ou à en perturber l'accès. Les technologies de l'information, y compris l'internet, étant par nature transfrontières et interconnectées, toute intervention unilatérale d'un pays peut avoir de lourdes répercussions sur d'autres régions du globe. La Commission mettra au point des instruments permettant à l'UE, le cas échéant, d'aider les organisations de la société civile ou les simples citoyens à déjouer de telles perturbations arbitraires.
Lundi, la Commission européenne a précisé qu'elle voulait fournir " en particulier de(s) logiciels qui peuvent être installés sur un ordinateur de bureau, un ordinateur portable, un smart-phone ou tout autre appareil". Il s'agira probablement d'outils de VPN, qui permettent d'utiliser une autre adresse IP pour éviter toute identification et localisation. De leur côté, les Etats-Unis ont déjà fait connaître leur souhait de fournir une " valise internet fantôme" qui permet de déployer une connexion là où les états ont coupé l'accès à Internet.
Outre la fourniture de moyens technologiques, l'Europe veut également "aider les militants à exploiter au mieux des outils tels que les réseaux sociaux et les blogs, tout en leur faisant mieux prendre conscience du risque qu'ils encourent d'être surveillés lorsqu'ils utilisent les TIC pour communiquer". La Commission estime en effet que pour contourner les mesures de surveillance et de censure, il faut une "connaissance et compréhension des techniques utilisées par les régimes autoritaires pour espionner les citoyens et censurer leurs communications, ainsi que des parades appropriées à utiliser".
En conférence de presse lundi matin, Neelie Kroes a reconnu que les outils de surveillance utilisés étaient souvent très proches des outils utilisés en démocratie pour des applications "légitimes", comme la lutte contre le piratage. Ce qui veut dire que les outils de contournement seront également très proches...
Numerama
Vendredi, 09 Décembre 2011
Les Nouveaux Riches

Le rapport sur la télévision connectée remis ce jeudi au gouvernement, dont nous analysions plus tôt les propositions en matière de régulation des contenus, s'intéresse également au financement de la création audiovisuelle française. Et réserve une petite surprise.
Traditionnellement, les chaînes et distributeurs de télévision reversent en effet une partie de leur chiffre d'affaires dans le fonds de soutien à la création audiovisuelle (COSIP), tout comme les fournisseurs d'accès à Internet pour leurs services de télévision à la demande. Mais les nouveaux diffuseurs en ligne établis à l'étranger échappent à cette imposition, dite "taxe sur les services de télévision" (TST).
Pour continuer à alimenter la pompe aux subventions, et arrêter de taxer les FAI, le rapport a donc imaginé différents scénarios. "La voie d’un prélèvement au niveau des consommateurs a été envisagée dans un premier temps", reconnaît d'abord le rapport. Mais "la mission a néanmoins privilégié la piste d’une modification des caractéristiques de la TST distributeurs pour que celle-ci couvre les acteurs d’internet, en plus des opérateurs de réseaux".
"Sur la base d’une évaluation de la part que représentent les contenus vidéo dans la consommation globale de services en ligne, les opérateurs de télécommunications pourraient collecter et reverser au COSIP le produit d’une contribution perçue sur les échanges générés par les services en ligne. Ces échanges transitent vers les opérateurs de télécommunications et sont en provenance soit d’un autre opérateur de télécommunications, soit d’un acteur qui jouit d’une interconnexion directe – il peut s’agir aussi bien d’un service en ligne que d’un intermédiaire technique", précise le rapport.
Ainsi, l'idée est de taxer les hébergeurs, les transitaires et les CDN utilisés par les services en ligne de vidéos, en utilisant les fournisseurs d'accès comme collecteur de taxes. Le montant serait déterminé en fonction de la part prise par les services audiovisuels dans la bande passante qui fait l'objet des transactions commerciales entre tous ces acteurs du réseau et les FAI français.
Selon le rapport, le dispositif présenterait l'avantage "de passer par un acteur localisé et régulé en France, l’opérateur de télécommunication, pour collecter le produit d’une telle taxe", et "d’assujettir, par ce biais, l’ensemble des acteurs, y compris ceux qui ont déterritorialisé leurs activités et leurs revenus".
Mais il y a également un autre avantage de noté, qui devrait faire du bruit.
Une telle taxe, dit discrètement le rapport au détour d'une phrase, "permet également d’établir une contribution minimale sur la diffusion de contenus illégaux sur Internet". En effet, les MegaVideo et autres VideoBB seraient alors taxés au même titre que les plateformes légales, puisque "la part que représentent les contenus vidéos dans la consommation globale des services" n'appelle pas la moindre distinction entre contenus légaux et illégaux. De quoi faire réfléchir sur l'intérêt du blocage de plateformes qui contribueraient alors au financement de la culture française...
Numerama
Mercredi, 07 Décembre 2011
Les Nouveaux Riches
Le 5 décembre 2011 | Par Agnès
Ses articles
Totalement immergée dans un mode de vie écologique, je traque sans relâche dans le quotidien les initiatives et les leviers permettant de changer les comportements et bouger les lignes.
Décembre est le mois des cadeaux par excellence. Alors nous nous sommes dit que ce serait bien d’offrir un petit présent à nos lecteurs et lectrices. Des places de cinéma et des affiches, ça vous dit ?

© Thelma Films
Vous vous souvenez des images féériques de Microcosmos ? Claude Nuridsany et Marie Pérennou, les réalisateurs, présentent leur dernier conte poético-animalier pour cette fin d’année avec leur nouveau film, la Clé des Champs.
A voir en salles dès le 21 décembre.
Une mare abandonnée. Deux enfants solitaires tombent sous le charme de ce lieu sauvage qui les rapproche peu à peu l’un de l’autre et les aide à apprivoiser la vie.
À travers leur regard, leur imaginaire, la mare devient un royaume secret à la fois merveilleux et inquiétant, peuplé de créatures de rêve ou de cauchemar.
Une expérience initiatique, brève et intense, dont ils sortiront transformés.
La bande annonce vous a donné envie, n’est-ce pas ? Pour tenter de décrocher une des 20 places (10*2) et des 10 affiches mises en jeu, à vous de répondre à cette question :
:: Qui a composé la musique du film ?
Comme d’habitude, nous ferons un tirage au sort parmi les bonnes réponses. Vous avez jusqu’au 19 décembre minuit pour participer.
Bonne chance à tous !
Aller sur EcoloInfo lire cet article et pleins d'autres... Informez vous !
Mercredi, 07 Décembre 2011
Les Nouveaux Riches
A la recherche d’un cadeau à la fois original, unique et porteur de sens ? Convaincu qu’un autre Noël est possible, tout le réseau Artisans du Monde propose une multitude d’idées cadeaux ludiques et colorés, sans oublier les traditionnels ornements de Noël !
Un autre Noël est possible !
Une collection automne - hiver 2011 chaude et colorée
Dans nos boutiques, les consom’acteurs découvriront des idées cadeaux reflets du savoir-faire des artisans.
Côté décoration : de magnifiques tentures de Côte d’Ivoire en coton filé main, des vases en terre cuite de Bali, des mobiles en tissus d’Inde. Côté arts de la table : des théières, des bols, des saladiers … du Vietnam, du Népal, d’Inde ou de Palestine ainsi que des couverts en bois du Kenya.
Pour avoir chaud cet hiver, les écharpes, les bonnets et des gants en alpaga du Pérou. Pour offrir ou se faire plaisir, des étoles en coton dans les tons gris, bleus, marrons pour les hommes, des foulards en soie, en laine, saumon, bordeaux, violet pour les femmes. Un large choix de bijoux en argent, en laiton, en verre, en argile, en bois du Pérou, d’Inde, de Thaïlande, du Sénégal... Et aussi des sacs en cuirs, des jouets en bois, des statuettes … Et pour les papilles, une gamme de produits alimentaires et des ballotins de chocolats équitables.
Chez Artisans du Monde le père Noël n’est pas une ordure !
Légèrement sarcastique, ce message vise à dénoncer les conditions dans lesquelles sont aujourd’hui fabriqués la majorité de jouets et objets artisanaux. Lorsque les filières de la grande distribution et des grandes industries imposent aux travailleurs et travailleuses des pays du sud des conditions inhumaines pour satisfaire la recherche du prix le plus bas, Artisans du Monde propose des objets de qualité fabriqués au sein d’organisations équitables porteuses de projets économiques, sociaux et environnementaux au profit des producteurs. Chez Artisans du Monde, les cadeaux sont vecteurs de solidarité et porteurs d’engagement citoyen pour un commerce plus juste et plus humain.
Des produits qui ont une histoire, ici et là-bas
Les produits vendus dans nos boutiques sont certifiés conformes aux normes européennes. Au-delà de cette certification, Artisans du Monde garantie aux producteurs un revenu minimum, leur permettant, avec leurs familles, de vivre dignement. La garantie Artisans du Monde certifie que les produits proposés dans l’ensemble de nos points de vente ont été fabriqués dans des conditions respectueuses des droits de l’homme et de l’enfant.
>>>>> Aller sur ADM ( Artisans Du Monde ) pour lire cet article et plein d'autres...
Mardi, 06 Décembre 2011
Les Nouveaux Riches
Propos recueillis par Philippe Boulahia
« A l’âge d’être grand-mère et de m’occuper des petits enfants, A l’âge ou l’on met de l’ordre dans sa vie, dont certain apprécie la retraite et se contente de faire quelques petites promenades, ou quelques excursions à la journée, moi, j’ai entrepris de faire un grand saut à l’élastique dans les profondeurs de mon être et de la jungle amazonienne.
 - Christiane Teissier Chez les chamans d’Amazonie
De formation comptable, j’ai passé un grand nombre d’années dans un bureau, devant un ordinateur, à établir des bilans, élaborer des payes, régler les comptes des autres, à décortiquer des textes de lois, mais l’exigence du marché du travail rendait vorace les employeurs, il fallait être encore et encore plus rapide, efficace, à ce rythme effréné j’ai perdu ma santé.
J’ai été victime de ce que l’on appelle un burn out…
j’y ai perdu mon âme.
Cela commença par une légère douleur dans la fesse droite, une étrangère qui petit à petit avait fait son nid dans mon corps, pour s’étendre insidieusement à toute la jambe. Cette voix-douleur au début, on ne l’écoute pas, ou on ne l’entend pas. Comme le ferait un maitre à son chien, on lui jette un os-médicament, mais elle insiste : « Je suis là, écoute moi, j’ai des choses à te dire, il y a un problème, attention, SOS, ton corps en a assez, tu le maltraites ! ». Les mois passaient ainsi. Alors un jour, lassée de n’être point écoutée la voix-douleur s’est mise en colère ! Elle m’a cloué au lit !
Pas besoin de sangle !
 - Chez les chamans d’Amazonie
Plus question de conduire, de marcher, de s’asseoir ! Et dans la société, dans la vie de tous les jours, cela veut dire ne plus faire les courses, ne plus aller dîner chez les amis, ne plus travailler. Quand elle survient, la douleur vous dévore, vous mange le cerveau et vous ne pouvez tout simplement plus vivre.
Alors que j’étais effondrée dans mon canapé et que je noyais ma vie dans les ondes de la télévision, un jour je suis tombée sur un reportage en Amazonie, sur le chamanisme, je ne savais même pas de quoi il s’agissait. Je vivais par procuration cette grande aventure qui se déroulait sous mes yeux dans une jungle débordante de végétation, des ombres se déplaçaient comme des gazelles dans cet univers, alors j’ai fermé les yeux et je me suis laissée bercer par le bruit de l’eau qui chantait sur les pierres…je me voyais dans cette nature tellement absente dans mon environnement, je respirais l’odeur de la terre, le vent caressait mon dos et me soignait déjà.
Puis, à un moment mon oreille s’est dressée, le commentateur parlait du pouvoir des plantes, du nettoyage du corps trop plein de toxines et de stress qui l’empêchent de bien fonctionner, j’ouvrais à nouveau un œil, tendais un peu plus l’oreille, quittais la position couchée pour mieux entendre.
Mon corps tel un chien à la vue d’un nouvel os à ronger s’était redressé.
 - Chez les chamans d’Amazonie
J’apprenais que le chamanisme est fortement lié avec la création, que les êtres de la nature nous enseignent… j’entendais parler de plantes qui portaient de drôles de noms et de leur propriétés et je pris conscience combien la vie moderne nous coupe de notre origine, en nous offrant des mondes virtuels auxquels nous devenons parfois dépendants.
Est-ce la perte de ce contact avec la faune, la flore, les montagnes, les rivières ou les lacs qui nous poussent à nous épanouir devant la Télévision, nous épanouir ou mourir…
Alors, j’ai senti mon terrible manque
manque de végétation, de nature, d’air pur, de senteurs, de vie simple, épuisée par des années de stress et de travail intellectuel moi qui subrepticement glissait dans la pénombre de la dépression, dans cette tour de dix étages faites de béton et de métal. Ce jour là, il s’est passé quelque chose au plus profond de moi : un déclic dans ma tête.
 - Chez les chamans d’Amazonie
Les chamanes trouvent leur savoir et leur pouvoir dans la nature qui les entoure, transmis par les ancêtres et les esprits avec lesquels ces guérisseurs restent continuellement en contact.
Mais la forêt amazonienne est en danger, elle est mise en péril par les sociétés pétrolières ainsi que par la déforestation.
Alors que deviendrons-nous ?
Que deviendra la connaissance de ces guérisseurs par les plantes si nous laissons faire cela, assis tranquillement dans notre canapé devant un poste de télévision ?
J’ai toujours été préoccupée de l’environnement, de cette forêt que l’on appelle le poumon de la terre et que l’on maltraite à coup de tronçonneuses broyeuses, aussi j’ai décidé d’aller voir là bas de l’autre côté de la terre comment soigner mon corps et mon esprit pour ne pas tomber dans le cercle infernal des anti-dépresseurs et des analgésiques trop puissants.
A soixante ans, alors que j’étais clouée de fatigue et de stress, d’angoisses, épuisée par une vie de lutte et de travail trop intense, alors que je me résignais, ma vie a basculée !
Il me fallait agir.
Partir dans un premier temps pour aller me ressourcer là bas dans la forêt, prendre soin de mon corps, le guérir, apprendre à vivre autrement, dans la simplicité, ne plus participer à la déforestation, pas simplement m’insurger vis-à-vis de cette mécanique insensée, mais mettre les mains dans la boue, dans le sang de la terre, le cambouis de ce moteur-organe planétaire, d’en être partie prenante en conscience.
 - Chez les chamans d’Amazonie
C’est ainsi que j’ai pu mesurer les pouvoirs déstabilisants de cet environnement et de cette pharmacopée hautement active. J’étais reconnectée à des conflits intérieurs et des mémoires profondes avec une intensité dans le corps jamais atteintes lors de mes précédentes « plongées thérapeutiques ».
Au retour en France, je me suis rendu compte à quel point j’avais mésestimé le temps nécessaire à l’épanouissement de cette expérience pour intégrer cette curation intérieure, trier tout cet apport inconscient qui m’a été livré, relier cette transformation profonde à mon existence, intime, familiale, citadine, permettre à cette régénération créative d’éclore patiemment, aussi bien à un niveau personnel que collectif.
Aujourd’hui, la fleur au fusil, je suis entrain de reprendre un autre flambeau, je me trouve une âme de chamane :
 - Chez les chamans d’Amazonie
faire connaitre l’Amazonie
 - Chez les chamans d’Amazonie
Combien ce poumon vert de la terre porte bien son nom, combien l’exemple de ces peuples devrait nous servir de référence au lieu de les sous estimer et de les spolier. Cette part ancestrale de notre humanité que nous piétinons, cette mémoire originelle que nous nous refusons. L’éternel combat de la connaissance dans le jardin d’Eden. La préservation d’un patrimoine environnemental et la transmission de ces médecines traditionnelles, les métissages culturels et la santé interculturelle sont des ressources vitales pour notre avenir. »
Christiane Teissier
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Vendredi, 25 Novembre 2011
Les Nouveaux Riches
Photo : Beckie Loewenstein
Boston n’est pas New York, ni Oakland. Contrairement aux deux villes les plus médiatisées du mouvement Occupy, la capitale du Massachusetts est plus réputée pour sa recherche et ses universités (MIT, Harvard) que pour son activisme politique, même si c’est le berceau du Tea Party [1] Pourtant, des tentes ont poussé ici, au pied des buildings, comme dans près de 300 villes des États-Unis. Le mouvement Occupy Boston a fêté son premier mois d’existence le 31 octobre, jour d’Halloween. Hommes et femmes ont défilé devant les banques, le visage barbouillé de faux sang, criant le slogan : « Vous avez tué le rêve américain. »
Et, le 15 novembre, une importante victoire a été gagnée, qui pourrait faire école. Redoutant que la police ne déloge le camp comme à New York, quatre personnes, au nom du groupe, ont saisi la justice pour une sorte de référé préventif. À la surprise générale… ils ont gagné. La Suffolk County Superior Court (équivalent d’un tribunal administratif) a jugé que toute action visant à déloger Occupy Boston serait illégale. Le juge a invoqué le fameux 1er amendement, qui garantit la liberté d’expression. Seule limite, la durée : le jugement est valable jusqu’au 1er décembre, jour d’une prochaine audience.
Cookies et débats
Une victoire encore présente dans les têtes, samedi 19 novembre, à l’occasion du premier « sommet » du mouvement Occupy Boston. Dans un centre communautaire du quartier chinois, à quelques centaines de mètres des tentes de Dewey Square, près de 400 personnes sont réunies, tout l’après-midi, pour faire le point, débattre et se connaître. L’organisation est d’une précision redoutable. De grandes tables ont été décorées de fleurs artificielles et de figures de combattants emblématiques (Geronimo, Martin Luther King…). Une cantine tenue par des bénévoles vend sandwiches, cookies et boissons. Deux salles de repos sont à disposition, une pour les hommes, une pour les femmes.
Deux organisatrices à poigne mènent les débats au micro. Le principe consiste à discuter en groupes de quatre ou cinq de questions successives sur la vie du mouvement. Pour chaque nouveau thème, chacun doit changer de groupe. Quinze à vingt minutes pour échanger, puis dix à quinze minutes pour faire un point général : un porte-parole de chaque groupe peut alors prendre le micro pour exposer succinctement les deux ou trois idées forces issues de la discussion.
« Occuper les consciences »
Si jamais certains s’avisent de parler trop bruyamment pendant la prise de parole, les organisatrices hurlent « mic check ! » (« test micro », façon subtile de dire « fermez-la ! »), parfois reprises par toute la salle, jusqu’au silence. De fait, ça calme. Pendant ce temps, une artiste dessine au mur une fresque colorée, reprenant les mots-clés les plus cités.
En quatre heures d’assemblée générale, pas un couac, pas une agression verbale, pas de confiscation de la parole, de délire verbeux ou de leader pontifiant. Bien loin d’une AG à la française, en somme… Pourtant, les sujets de doute, de trouble ou de discorde ne manquent pas. Première interrogation récurrente : comment développer le mouvement en dehors des cercles militants actuels ? « Je fais partie de la vieille génération, et j’aimerais maintenant que les jeunes prennent le pouvoir, confiait Annette, dans la tente d’accueil du camp Occupy Boston, quelques minutes avant le début du sommet. Nous nous sommes battus pour les droits des femmes, pour une société plus juste, pour les droits civiques, et qu’avons-nous gagné ? Presque rien. » « Le mouvement Occupy peut reprendre les combats de ma génération, poursuit Annette, enthousiaste. Mais, pour cela, il faut que nous arrivions à le développer, à le diffuser. Occuper l’espace avec les tentes, c’est bien, c’est important, mais ce qu’il faut maintenant, c’est occuper les consciences. »
Problème de communication
De fait, les jeunes sont très présents dans le mouvement. Travailleurs et étudiants, à l’image de Bill, 21 ans, étudiant en langues étrangères, et Daniel, 23 ans, technicien dans un théâtre de Boston, présents dans le mouvement depuis le début, assis à la table de Joanie, syndicaliste quinquagénaire, membre du puissant Service Employees International Union. Ils discutent de la question : « What do we need right now ? » (« Et maintenant, que faire ? »)
Les problèmes de stratégie sont alors soulevés dans la salle. « Il faut absolument faire connaître notre mouvement et nos idées dans tous les milieux que l’on fréquente : famille, amis, travail », déclare Joanie au micro. Des mains se lèvent soudain et se secouent en silence pour approuver, à la façon des applaudissements des sourds et muets. Le lendemain, Joanie concrétisera son vœu en organisant une rencontre entre Occupy Boston et des membres de son syndicat.
Parmi les obstacles à la croissance du mouvement, les problèmes de communication. « Nous devons mieux travailler avec les médias », souligne un intervenant. De fait, les médias sont ici autant méprisés que les banquiers et les politiques. Occupy Boston n’a personne pour le contact avec la presse. Grâce à Internet et aux réseaux sociaux, chaque groupe Occupy dans le pays arrive à diffuser messages, actions et propositions. Avec une parfaite maîtrise du tempo – des infos plusieurs fois par jour, émanant de chaque groupe ou relayant l’actualité du mouvement dans le pays. Mais aussi de l’image : d’un point de vue esthétique et pratique, le site du moindre groupe Occupy de la plus reculée des villes du Kansas est bien plus performant que ceux des grands syndicats, partis et mouvements contestataires français…
Caricatures médiatiques
Forts de cet impact technologique, les groupes prennent d’autant plus de distance avec les médias, estimant pouvoir se passer de leurs services. Mais ils commencent à réaliser les points faibles de cette stratégie. Outre une communication qui pourrait être encore plus puissante, elle encourage les mass medias et les journaux locaux à verser dans la caricature. C’est ainsi que les grandes chaînes de télévision ont pris plaisir à survendre les sujets parlant de violence, de drogue, de problèmes sanitaires ou d’extrémisme idéologique. Tous ces faits existent dans le mouvement Occupy, mais sont marginaux par rapport à l’immense majorité des actions et des opinions.
Ainsi, dans le camp d’Occupy Boston, chaque journée est rythmée par une série d’activités où le débat intellectuel (Noam Chomsky est venu les soutenir en octobre) et la méditation (yoga, célébrations religieuses) sont très présents. Et loin de l’image d’anarchistes nostalgiques des sixties, une période rebutoir pour de nombreux Américains – ces années se résument pour beaucoup à la trilogie « sexe, drogues, violence » –, les militants et les sympathisants des groupes Occupy sont majoritairement plus réformistes que révolutionnaires.
Des Américains indifférents
« Lors d’une récente marche dans Boston, l’un des organisateurs a demandé aux participants quels étaient ceux d’entre eux qui votaient, raconte Annette. Près de 80 % ont levé la main. Or, s’ils votent, ce n’est pas pour des mouvements radicaux. Aux États-Unis, les votes se partagent entre Démocrates et Républicains. »
Certains points de vue défendus par le mouvement, sur la corruption généralisée particulièrement, sont partagés par de très nombreux Américains. Selon un récent sondage, seuls 13 % des Américains font confiance aux membres du Congrès. Un record historique de défiance ! Et un récent livre-enquête dénonçant la corruption des politiques connaît un succès croissant : rédigé par un chercheur de tendance plutôt libérale, Peter Schweizer, il porte le même titre que le livre-programme de Mélenchon, Qu’ils s’en aillent tous : « Throw them all out ». Son auteur a eu droit récemment à cinq minutes de gloire sur CNN.
Malgré cela, une majorité d’Américains restent indifférents au mouvement, et seule une minorité d’environ 20 % les approuve. La stratégie médiatique du mouvement n’est sans doute pas étrangère à cet écart entre le partage d’un même constat, des mêmes critiques et un faible soutien. Il faudrait aussi que les groupes Occupy commencent à mieux communiquer entre eux, soulignent quelques-uns. S’ils s’échangent des infos par Facebook ou Twitter, il n’y a pas de synergie entre les groupes, et beaucoup ignorent la localisation des autres Occupy aux États-Unis, à l’exception des cinq ou six qui sont très médiatisés. Et ne parlons pas des Indignés ou Indignados européens… qui n’évoquent rien ici.
Quelle stratégie ?
Autre interrogation majeure largement partagée : quels sont les objectifs d’Occupy ? « Je dois répondre à cette question cent fois par jour », confie Courtney, jeune femme sans emploi qui passe la plupart de son temps dans le camp pour accueillir les « visiteurs ». « D’un côté, cela pourrait être beaucoup plus efficace d’avoir un liste de messages et d’objectifs précis, confirme Joanie. D’un autre côté, maintenir un certain flou permet de conserver une diversité de points de vue et de personnes. »
Affirmation nuancée au micro par un « ex » d’Occupy Wall Street, qui explique que l’une des raisons pour lesquelles le camp de New York a été fragilisé et n’a pas tenu plus longtemps est justement liée à la trop grande diversité des points de vue et au manque de concertation. « C’est pourquoi je me félicite de ce que nous faisons cet après-midi, et je pense que nous devons le renouveler fréquemment », conclut-il, repris aussitôt par un autre : « Oui, organisons très rapidement un sommet sur notre stratégie. Car, pour l’instant, nous n’en avons pas… »
Luc Chatel, avec Matt et Olivia Bernow
Lire l'article et Basta! (vu sur Bastamag)
Vendredi, 25 Novembre 2011
Les Nouveaux Riches
500 : c’est le nombre de victimes présumé du Mediator, cet antidiabétique souvent prescrit comme coupe-faim, et commercialisé jusqu’en 2009 par les laboratoires Servier. Les premières alertes sur la dangerosité du médicament avaient été lancées dix ans plus tôt, en 1999 !
La lenteur de réaction des autorités régulatrices a mis en évidence un manque d’indépendance vis-à-vis des industriels du médicament, notamment au sein de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Tout le monde avait donc promis qu’il y aurait un avant et un après Mediator. Mais l’Afssaps a, la semaine dernière, tenté de passer outre en proposant la candidature de Catherine Rey-Quinio, ancienne des laboratoire Servier, à un important poste de direction.
« Ce n’est pas en soi une faute ou une infamie d’avoir travaillé pour Servier », a réagi la pneumologue Irène Frachon, qui a fait éclater l’affaire du Mediator. Mais elle trouve quand même un peu gros que l’Agence « n’ait pas fait le rapprochement avec l’Isoméride », cet autre coupe-faim des laboratoires Servier, basé sur la même molécule que le Mediator, retiré du marché en 1997, et sur lequel avait travaillé Mme Rey-Quinio !
Sous les pressions médiatique et politique, sa candidature a finalement été retirée. Selon Dominique-Michel Courtois, président de l’association de défense des victimes de l’Isoméride et du Mediator, « cela va décrédibiliser encore un peu plus le système de contrôle qui dysfonctionne depuis des années, et qui a tant failli dans l’affaire du Mediator ».
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Vendredi, 25 Novembre 2011
Les Nouveaux Riches
En avril dernier, Nicolas Hulot avait dû démissionner de la présidence de la FNH, son engagement dans l’élection présidentielle étant incompatible avec l’indépendance et l’apolitisme de la Fondation. La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme avait alors pris le nom de « Fondation pour la Nature et l’Homme ».
"Fidèle à l’engagement qu’il mène depuis plus de 20 ans, Nicolas Hulot souhaite aujourd’hui reprendre sa place à la tête de sa Fondation pour y poursuivre son action au service de l’intérêt général. Comme il l’a toujours fait, Nicolas Hulot entend conserver sa liberté d’expression et d’intervention auprès de l’ensemble des responsables économiques et politiques ; une posture indispensable au portage des idées qu’il défend avec la FNH", écrit la Fondation dans un communiqué de presse. "Nicolas Hulot se mobilisera pour que les propositions innovantes du Comité de Veille Ecologique (CVE) de la Fondation, en faveur de la transition économique, écologique et sociale soient entendues. Il souhaite également se consacrer à des projets concrets de terrain, notamment à l’international, en soutenant le fonds dédié aux initiatives de développement durable dans les pays du Sud mis en place par la Fondation".
FNH a démenti que ce retour soit motivé par d’éventuels "problèmes financiers" ou pour éviter que ses grands mécènes (L’Oréal, EDF et TF1) ne s’en détournent en l’absence de son fondateur. "La Fondation est revenue vers lui, ils ont besoin de lui pour redémarrer, il ne peut pas les laisser tomber" car "financièrement, la situation est très mauvaise", a cependant assuré à l’AFP l’un des proches de Hulot, sous couvert d’anonymat.
En tout cas, Cécile Ostria, la directrice générale de FNH, se félicite du retour de Nicolas Hulot : "Lorsque Nicolas Hulot a souhaité tenter une autre forme d’action, nous avons respecté son choix. Nous sommes aujourd’hui heureux de retrouver celui qui incarne notre positionnement “ Evolution : Chapitre 2 “, au service de la construction d’un autre modèle de société".
Dans un message adressé aux sympathisants de FNH, Nicolas Hulot écrit, quelques instants après avoir retrouvé la tête de "sa" Fondation. : "Je m’adresse à vous aujourd’hui pour vous annoncer personnellement mon retour à la tête de la Fondation. J’ai en effet été réélu Président de la Fondation pour la Nature et l’Homme, ce mardi 22 novembre 2011, par le Conseil d’Administration. J’en suis très heureux.
Je tiens à remercier chaleureusement Pierre Siquier, président depuis le mois d’avril, pour sa fidélité et son implication au sein de la Fondation depuis sa création.
Vous le savez, désireux de tenter une autre forme d’action pour porter nos messages au sein même de la scène politique, j’avais dû, en avril dernier, suspendre mes fonctions et démissionner de mon poste de Président. Très attaché à la Fondation, à son équipe, et fier de ce que nous avons accompli depuis 20 ans, c’est tout naturellement que j’entends poursuivre mon engagement au service de l’intérêt général . Je l’ai toujours dit, ma mobilisation en faveur de la transition écologique, économique et sociale ne faiblira pas.
Avec toute la liberté d’expression que vous me connaissez, je vais notamment me mobiliser pour que les propositions innovantes du Comité de Veille Ecologique soient entendues. Je me consacrerai également aux projets de terrain, et plus précisément au fonds dédié aux initiatives de développement durable dans les pays du Sud mis en place par la Fondation."
Ce retour clôt une délicate parenthèse politique de sept mois pour celui qui avait créé en 1990 la Fondation Nicolas Hulot. Depuis sa nette défaite au 2e tour des primaires écologistes face à Eva Joly (41,34% contre 58,16% des voix), en juillet, l’animateur vedette d’Ushuaïa, 56 ans, s’interrogeait sur le sens à donner à son action.
Il accepte aujourd’hui de reprendre ce rôle de conseiller, d’aiguillon, qui lui avait notamment permis de peser lors de la campagne présidentielle de 2007. Avec son "pacte écologique", il avait réussit à inscrire l’écologie au coeur des débats et contribué en partie à la mise en oeuvre dans la foulée des tables rondes du "Grenelle de l’environnement". Il avait ensuite entretenu son image d’"écologiste préféré des français" avec une parole rare, de plus en plus orientée vers les sujets économiques, en se tenant proche des dirigeants mais hors des partis. Ce qui ne l’avait pas empêché de prendre ses distances avec le gouvernement après le report de la taxe carbone en mars 2010 puis le retrait de l’Energie du périmètre du ministère de l’Ecologie à l’automne suivant.
Le caractère "apolitique" de la Fondation devrait, désormais, le contraindre à une certaine réserve vis à vis d’EELV et sa candidate. "Il sera tenu à une certaine neutralité du point de vue de l’engagement partisan", confirme un proche, ajoutant qu’il "doit envoyer ce soir (mardi) ou demain matin (mercredi) un message à ceux qui l’ont soutenu pendant la primaire pour dire qu’il reste complémentaire d’Europe Ecologie-Les Verts".
La ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a salué mardi la réélection de Nicolas Hulot à la présidence de la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH). Hier soir, dénonçant à la tribune de la convention de l’UMP sur le projet pour 2012 les "dérives idéologiques" des écologistes et du PS sur le nucléaire, elle a déclaré : "Moi, je trouve que c’est bon pour l’écologie, c’est bon qu’il reste là. Les Verts n’en ont pas voulu. Je ne dis pas qu’il a envie de faire de la politique mais, enfin, c’est bon qu’il soit présent pour la campagne. Si les Verts n’en veulent pas, je crois que tous les Français en veulent !"
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Jeudi, 17 Novembre 2011
Les Nouveaux Riches
Dans un contexte de crise, l’influence grandissante de la banque dans les capitales européennes inspire de plus en plus la méfiance. Et pour cause. Goldman Sachs est depuis longtemps au chevet des Grecs, rappelle Pierric Marissal dans L’HUMANITÉ : "Goldman Sachs arrive en 2001 à Athènes avec dans sa mallette quelques produits financiers pas très clairs pour bidouiller la dette du pays, un peu trop lourde pour permettre son entrée dans la zone euro. La « banque conseil » va vendre sur les marchés de la dette grecque en euros et en dollars, puis faire bouger unilatéralement la parité du taux de change pour faire changer la valeur de la dette, faisant temporairement disparaître quelques milliards dans la manipulation (c’est du swap de devises dans le jargon banquier)". Et qui est à cette époque chargé de vendre ce produit financier ? Le vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe entre 2002 et 2005, un certain Mario Draghi...
Pierric Marissal poursuit : "Autre petit arrangement avec la réalité, Goldman Sachs inscrit dans le bilan comptable du pays des recettes à venir, pour faire baisser le poids de la dette sur le PIB. D’où l’expression couramment utilisée de falsification des comptes grecs. En 2009, la situation empire pour la Grèce, la crainte de faillite menace. Le gouvernement de Papandréou rappelle Goldman Sachs à l’aide, pour 300 millions de dollars de commission. Son rôle : rassurer les acheteurs d’obligations grecques pour que le pays puisse continuer à s’endetter sur les marchés. Ce qui n’empêche pas dans le même temps la banque de spéculer sur le défaut de la Grèce, le pays qu’elle est censée conseiller… En achetant et conseillant à ses clients des CDS, des crédits de défauts sur la dette grecque. Et en spéculant sur la dette, Goldman Sachs a participé à la hausse des taux d’intérêts et mis le pays qu’elle devait aider à genoux. La banque y a gagné gros sur les deux tableaux, on comprend bien pourquoi l’instabilité des dettes les intéresse. Et que fait la Grèce pour sortir du marasme ? Elle nomme Lucas Papademos Premier ministre". [1]
Le journaliste Marc ROCHE dans LE MONDE précise : "Lucas Papadémos fut gouverneur de la Banque centrale hellénique entre 1994 et 2002, a participé à ce titre à l’opération de trucage des comptes perpétré par Goldman Sachs. Le gestionnaire de la dette grecque est d’ailleurs un certain Petros Christodoulos, un ex-trader de la firme". Quant à la nomination de Mario Monti, Marc Roche, également auteur de "La Banque : comment Goldman Sachs dirige le monde", tempère : "Monti est un animal différent. Il fait partie des conseillers internationaux de Goldman Sachs. C’est un ouvreur de portes. Ils utilisent Monti, qui ne fait rien d’illégal, pour défendre leurs intérêts mais ça pose des problèmes éthiques."
Le cas Monti n’est pas isolé. Ancien commissaire européen au Marché intérieur, puis à la Concurrence, l’Italien a précisément le profil dont raffole Goldman Sachs. Marc Roche précise : "Alors que les banques françaises recrutent dans leurs conseils d’administration d’anciens diplomates qui connaissent les régions où elles opèrent ou d’anciens dirigeants de grandes institutions internationales, chez Goldman Sachs, plus que toute autre banque, on vise deux profils : les anciens banquiers centraux ou responsables du Trésor et les anciens commissaires européens." Sont également des anciens de Goldman Sachs, selon RUE 89 :
- Otmar Issing, Allemand,ex-président de la Bundesbank (1990-1998) et ancien "chief economist" à la BCE (1998-2006). Un homme bien sous tous rapports, qui continue de publier des tribunes en tant qu’ex-BCE, en omettant son appartenance à Goldman Sachs, depuis 2006.
- Ex-président de Goldman Sachs International dont il est resté l’un des administrateurs, l’Irlandais Peter Sutherland, ancien commissaire européen à la concurrence, est aussi directeur non exécutif de la Royal Bank of Scotland, qui a fait faillite l’an dernier. Et il continue de jouer un rôle crucial dans la crise irlandaise.
- Le portugais Antonio Borges dirige le département Europe du Fonds monétaire international (FMI). De 2000 à 2008, il fut dirigeant de Goldman Sachs International.
- Sans parler des Américains : L’actuel Président de la Banque mondiale, l’américain Robert Zoellick, fait lui aussi partie de la grande famille des anciens de Goldman Sachs. Henry Paulson et Robert Rubin, anciens secrétaires d’Etat au Trésor, Jon Corzine, responsable de la chute de MF Global, William Dudley, président de la Fed de New York, et à la Maison Blanche, les bureaux qui n’hébergent pas d’anciens de Goldman Sachs se font plutôt rares...
Quels intérêts défendent les anciens de Goldman Sachs lorsqu’ils sont aux affaires ? Ceux des citoyens ou de leur maison-mère ? "Tous les gens de Goldman Sachs que j’ai rencontrés restent très liés à la banque", note Marc Roche. Faut-il pour autant croire aux théories conspirationnistes ? Non, répond encore Marc Roche : "Il ne faut pas tomber là-dedans. Leurs réseaux ne peuvent pas tout faire, l’efficacité de ce réseau est moindre aujourd’hui. Et Mario Monti, comme Draghi, sont surveillés par la presse, les députés et les ONG". "On espère que Monti, Papademos et les autres ont coupé le cordon avec leur ancienne entreprise. Parce qu’il n’est pas certain que l’intérêt de la haute finance serve le bonheur des peuples. Avec le peu d’argent qui nous reste, on parierait même volontiers le contraire", conclut Gilles DEBERNARDI dans les colonnes du DAUPHINE LIBERE.
L’empire Sachs : un siècle de crises
Créé en 1889, Goldman Sachs appelé également GS ou encore THE FIRM, réalise en 2011 un chiffre d’affaires approchant les 30 milliards de dollars pour un effectif supérieur à 30 000 collaborateurs. L’histoire de la banque d’investissement (au slogan "Les intérêts de nos clients avant tout" sic) est marquée par des scandales à répétitions que WIKIPEDIA énumère :
Le 4 décembre 1928, la compagnie crée le Goldman Sachs Trading Corp., une société d’investissement à capital fixe avec des propriétés similaires à celle d’une chaîne de Ponzi. La société échoue à la suite du Krach de 1929, nuisant à la réputation de la firme pour plusieurs années.
Une autre crise financière pour la firme s’est produite en 1970, quand la Penn Central Transportation Company a fait faillite avec plus de 80 millions de dollars en papier commercial en circulation, la plupart émis par Goldman Sachs. La faillite était de grande ampleur, et les poursuites en découlant ont menacé le capital du partenariat et la vie de l’entreprise. C’est cette faillite qui a entraîné la création de notations de crédit pour chaque émetteur de papier commercial aujourd’hui émises par plusieurs services de notation de crédit.
GS est critiquée lors de la crise financière russe de 1998, conseillant la Russie tout en spéculant contre sa capacité à payer sa dette.
Le 21 septembre 2008, en raison des pertes considérables subies par leurs implications dans la crise des subprimes, le groupe demande et reçoit l’approbation de la Réserve Fédérale (Fed) pour un changement de statut : de banque d’investissement (investment bank) elle devient la quatrième holding company du pays. Le groupe peut alors bénéficier des nouvelles liquidités de la Réserve Fédérale débloquées par le plan Paulson. Puisque Henry Paulson est un ancien président et directeur de la banque Goldman Sachs, des critiques soulèvent qu’il y a un possible conflit d’intérêts. Ce sauvetage semble ne pas être sans contreparties : le capital de Goldman Sachs change de mains. Ainsi, Warren Buffett entre officiellement dans le capital de la banque en injectant 5 milliards de dollars.
Goldman Sachs a reçu, à l’automne 2008, près de 13 milliards de dollars que lui devait American International Group, qui lui-même a été renfloué par la Fed.
En juillet 2009, le magazine américain Rolling Stone publie un article de l’écrivain politique Matt Taibbi où ce dernier accuse Goldman Sachs d’avoir provoqué la plupart des « manipulations de marché » ou bulles, lors de ces 80 dernières années.
En février 2010, le New York Times affirme que GS porte une responsabilité directe dans l’aggravation de la crise de la dette publique grecque. Elle aurait aidé le gouvernement grec à camoufler sa dette grâce à des outils financiers qui lui auraient permis de dissimuler ses transactions tout en renflouant ses comptes avec l’aide d’autres banques américaines. Goldman Sachs en aurait tiré 300 millions de dollars de bénéfices.
En avril 2010, la Securities and Exchange Commission poursuit Goldman Sachs et Fabrice Tourre, un de ses vice-présidents, pour fraude dans les événements entourant la crise des subprimes, « une affaire qui pourrait avoir coûté plus d’un milliard de dollars aux investisseurs ». Le 15 juillet 2010, la société a décidé de verser 550 millions USD pour mettre fin à la poursuite.
En mai 2010, le Département de la Justice des États-Unis « a ouvert une enquête pénale sur Goldman Sachs au sujet de vente de titres adossés à des crédits hypothécaires à risque ».
Le 2 septembre 2011, le gouvernement des États-Unis entame des poursuites judiciaires contre Goldman Sachs pour son rôle dans la crise des subprimes. Pour se remettre en mémoire la façon dont marchent ces produits (toxiques), cette petite vidéo pédagogique et ludique, coproduite par Rue89 :
En octobre 2011, La Tribune publie un article dans lequel elle soupçonne Goldman Sachs ainsi que d’autres gros acteurs du marché des matières premières de créer artificiellement, avec la complicité du London Metal Exchange, une pénurie de zinc et d’aluminium et ainsi spéculer à la hausse sur les cours...
Enfin une petite anecdote qui résume finalement assez bien l’esprit de la banque : elle a publié, fin 2010, un guide destiné à montrer aux chercheurs d’emploi comment "bluffer" les recruteurs lors d’un entretien d’embauche ...
DOC : Les nouveaux maîtres du monde
Comment Goldman Sachs, petite maison de courtage fondée en 1869 par un immigré allemand, est-elle devenue la banque d’affaires la plus puissante du monde ? Canal+ vient de diffuser Goldman Sachs - Les nouveaux maîtres du monde, un documentaire de Jean-Luc LEON :
Pour en savoir plus
Une solution : LIRE les ouvrages de Marc Roche.
Dans LA BANQUE, Marc Roche dévoile toute la stratégie de Goldman Sachs, la Banque d’affaires la plus puissante du monde. Le livre (prix du livre d’économie 2010) vient d’être publié au format poche chez Points.
Dans LE CAPITALISME HORS LA LOI récemment publié chez Albin Michel, Marc Roche nous révèle avec effarement les dérives d’un système qui a échappé à tout contrôle. Ce système retient en otages Etats et consommateurs, sans parler des salariés et des petits actionnaires. Entre contournement massif des règles par le "hors-bilan" et paradis fiscaux, les interdits ont explosé. Une extraordinaire enquête, de Paris à Hong Kong, de Genève à Washington, aux conclusions inquiétantes.
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